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Le bourgmestre de Charleroi Paul Magnette a laissé éclater sa colère, dans une interview accordée au journal L'Echo, à l'égard de la direction de Proximus. 

Celui qui est également porte-parole du PS en vue des prochaines élections fustige l'incompétence, selon lui, d'un management qui semble ne pas avoir vu venir la vague de la digitalisation. L'administratrice déléguée de l'opérateur de télécoms, Dominique Leroy, a annoncé jeudi un "plan de transformation" à trois ans passant par une suppression de 1.900 emplois et l'engagement, en parallèle, de 1.250 personnes. Proximus a notamment justifié ce plan par une demande croissante de ses clients pour de nouveaux services digitaux et de nouveaux types de connectivité, comme l'internet des objets.

"L'excuse de la digitalisation est beaucoup trop facile", estime pour sa part Paul Magnette, qui avoue être "dans une colère noire". "ING nous l'a déjà sortie dans le secteur bancaire. Je vais vous dire: c'est une excuse qui vise à couvrir un échec du management. Ces gens sont payés quasiment un million d'euros par an et ils ont été incapables d'anticiper l'évolution technologique?"

"Un manager qui dit: 'Il y a une évolution technologique mais je ne l'ai pas vue venir, je suis obligé de virer 2.000 personnes', la première chose à faire c'est de le virer lui-même et de mettre quelqu'un de capable à sa place", poursuit le socialiste. "Comment ose-t-on essayer de faire croire qu'on n'a pas vu venir la digitalisation? Ils n'ont pas de département des ressources humaines chez Proximus? Ils n'étaient pas capables d'engager au fur et à mesure des départs des gens avec des profils plus adaptés? C'est hallucinant et pour moi, ça pose la question de l'incompétence de Dominique Leroy et de son management. Cette boîte est gérée par un management incompétent. Vous voyez beaucoup d'autres entreprises de télécom dire qu'ils n'ont pas vu venir la digitalisation? Mais enfin! On ne parle que de ça depuis 10 ans."

L'ancien ministre en charge des entreprises publiques juge par ailleurs que la loi qui gère ce type d'entreprises, vieille de 25 ans, doit être réformée, afin de donner plus de pouvoir et de capacité de contrôle à l'autorité publique. "La responsabilité est publique mais le pouvoir de contrôle de la part du public est quasi nul. Il est anormal et inacceptable que l'autorité publique n'ait pas été informée de la réflexion en cours chez Proximus avant d'en arriver à un scénario catastrophe comme celui que l'on vit", affirme encore Paul Magnette.