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La société de trottinettes électriques partagées Dott propose désormais à ses utilisateurs de régler leur course par écochèques. L'entreprise a installé vendredi un point de recharge sur la place du Châtelain pour faire découvrir le nouveau service et mettre en images une "Bruxelles sans voiture". Pendant deux jours, les citoyens pourront charger leur compte personnel Dott sur la place ixelloise grâce à leurs écochèques. Ce "magasin" éphémère en plein air, soit un parterre d'herbe sur trois places de parking et un mur décoré sur le thème d'une capitale sans voiture par l'artiste gantois Musketon, se déplacera ensuite pour proposer ses services dans d'autres communes.

"L'idée, c'est de proposer un pop-up store qui s'installera chaque semaine dans un endroit différent", explique Nikos Stathopoulos, responsable management de Dott pour la Belgique. À terme, les utilisateurs devraient pouvoir alimenter leur compte directement via l'application.

"Les gens ne savent pas toujours quoi faire de leurs écochèques", poursuit-il. "La première année, on achète un frigo, la deuxième une machine-à-laver mais après? Ce partenariat avec Sodexo, Edenred et Monizze offre une utilisation intéressante."

Autre nouveauté, les voyageurs de Dott sont à présent couverts par une assurance, comprise dans le prix du trajet. Celle-ci protège l'utilisateur mais englobe également les éventuels dégâts subis par un autre véhicule endommagé lors d'un accident avec une trottinette. Elle ne couvre pas un hypothétique "passager" car, rappelle M. Stathopoulos, "monter à deux sur une trottinette peut être dangereux".

Quatrième opérateur aux côtés de Lime, Tier et Flash, Dott, fondée par les Français Maxim Romain et Henri Moissinac, a démarré dans la capitale belge en janvier avec une cinquantaine de trottinettes. La flotte s'est depuis agrandie et compte à présent un millier de deux-(petites)-roues. L'entreprise emploie en Belgique 40 personnes, dont 10 mécaniciens à temps plein et 20 conducteurs chargés de récupérer les trottinettes déchargées et de vérifier qu'elles sont correctement garées.

"Nous avons d'abord rencontré les autorités bruxelloises avant de nous implanter", la Région agissant aussi comme relais dans les concertations avec les 19 communes, souligne Nikos Stathopoulos. L'accord conclu avec le ministre sortant de la Mobilité, Pascal Smet (sp.a), prévoie ainsi le partage avec la Région de données sur les trajets effectués avec les trottinettes Dott dans l'optique d'améliorer la mobilité à Bruxelles.

La licence accordée par les autorités établit aussi que les trottinettes doivent être rechargées avec de l'électricité verte. Un bâtiment situé le long du canal sert à cette fin d'entrepôt pour les véhicules de Dott, mais aussi d'atelier de réparation. Les pièces défectueuses y sont remplacées et recyclées. La société ne fait donc pas appel à des "juicers", des usagers payés pour remettre un coup de jus aux trottinettes électriques.

"Notre objectif est à la fois écologique, en ayant un minimum d'impact possible sur notre environnement, et économique: on veut un modèle viable sur plus de six mois", sourit Maxim Romain, co-fondateur de Dott. "Lutter contre le vandalisme n'est pas facile mais en créant des pièces détachables -et donc remplaçables-, on réduit les coûts d'entretien et environnementaux."

Au pop-up store installé sur la place du Châtelain, les artistes Musketon et Bert Dries peignent une autre Bruxelles à l'air-ink, une encre produite à partir des micro-particules rejetées par les gaz d'échappement. Les passants sont invités jusqu'à samedi, 18h00, à imaginer de nouvelles fonctionnalités pour l'espace public actuellement occupé par les voitures.

Après Bruxelles, Dott s'est également implanté à Paris en mars, Lyon en avril et devrait bientôt débarquer à Milan.