L'organisation de consommateurs Test-Achats n'admet pas que les victimes de logiciels malveillants dans les PC Bankings ne soient pas considérées comme partie à indemniser. L'organisation estime qu'il est inacceptable que la banque ING rejette la responsabilité sur l'utilisateur. "L'utilisateur ne doit pas être un spécialiste en informatique", écrit jeudi l'organisation sur son site web. Le PC Banking des grandes banques belges fait face depuis une dizaine de jours à un logiciel malveillant. Une série de clients ont perdu de l'argent mais il n'est pas encore établi qu'ils seront tous indemnisés.

Test-Achats s'insurge contre l'idée que l'utilisateur d'aujourd'hui est censé être un spécialiste en informatique qui est capable de reconnaître d'éventuelles tentatives de fraude. "Nous n'admettons également pas que les banques accusent de relative négligence un consommateur qui n'a pas mis à jour son anti-virus et refusent dès lors toute indemnisation", selon l'organisation de consommateurs. "Chaque consommateur doit faire preuve de la prudence nécessaire mais il ne doit en aucun cas supporter le risque technologique lors de l'utilisation du PC Banking."

D'après Test-Achats, la banque est toujours responsable, en raison de la loi sur les transferts électroniques d'argent, pour la non-exécution ou manque d'exécution de transactions et pour les transactions qui sont exécutées sans l'autorisation du propriétaire. "La banque doit indemniser le client pour chaque transaction qui est exécutée à tort", selon Test-Achats.

Febelfin: fraudes limitées mais une bonne protection du PC est cruciale

Une hausse du nombre de fraudes à la banque par internet a bien été constatée récemment, mais ce nombre reste limité vu la quantité très importante d'opérations bancaires effectuées par internet, a réagi jeudi Febelfin. C'est toutefois la preuve qu'une bonne protection des ordinateurs est "cruciale", souligne la Fédération belge du secteur financier. Plusieurs clients de différentes banques belges, utilisant la banque par internet, ont été victimes de fraudes. "Concrètement, ce sont quelques dizaines d'utilisateurs qui ont effectivement subi un préjudice. Le total des dommages se chiffre à quelques milliers d'euros", précise Febelfin. "Le nombre de fraudes reste limité, compte tenu de la quantité d'opérations de banque par internet: en 2010, on dénombrait ainsi quelque 500 millions d'opérations, effectuées par presque 7 millions d'utilisateurs", souligne toutefois la Fédération.

Cette fraude s'opérant par le biais d'un virus qui s'installe sur l'ordinateur du particulier, Febelfin rappelle qu'une bonne protection des ordinateurs est cruciale et que l'utilisateur doit rester vigilant lorsqu'il appose sa signature électronique pour valider ses opérations. "Les institutions financières belges examinent toutes les fraudes au cas par cas. Elles rappellent que si l'utilisateur est vigilant et s'il a suivi ces conseils et effectué ses opérations de paiement en toute bonne foi, il sera indemnisé pour le préjudice subi."

La Fédération belge du secteur financier rappelle encore que si les institutions financières prennent de très nombreuses dispositions pour garantir la sécurité de leurs systèmes de banque par internet, la sécurité de cette dernière "ne peut toutefois être garantie que moyennant la collaboration de l'utilisateur lui-même".