La Chine a annoncé samedi avoir accepté de limiter de 8 à 12,5% par an jusqu'à fin 2007 la hausse de ses exportations d'une dizaine de produits textiles vers l'Union européenne, en signant un important accord avec l'UE pour éviter une guerre commerciale.

L'UE et la Chine sont parvenues in extremis, vendredi à Shanghai, à s'entendre pour donner un répit à l'industrie européenne en limitant la hausse des exportations chinoises sur plus de trois ans.

L'accord a été conclu entre le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, et le ministre chinois du Commerce, Bo Xilai, après des négociations marathon.

"La Chine et l'Union européenne sont convenues que, dans la période allant du 11 juin 2005 à la fin 2007, nous fixerons le montant de la hausse des exportations vers l'Europe de huit à 12,5% par an", indique un communiqué du ministère chinois publié sur son site internet.

Pour 2008, l'UE appliquera "avec modération" l'article 242 du protocole d'accession de la Chine à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui lui demande de limiter ses exportations de produits textiles, ajoute le texte sans autre précision.

L'UE a accepté en contre-partie de stopper ses enquêtes sur les exportations de dix produits chinois du secteur, dont les tee-shirts, fils de lin, draps, nappes et pantalons, ajoute le communiqué.

L'accord a été arraché alors qu'expirait vendredi un délai de deux semaines au bout duquel la Commission européenne s'apprêtait à porter le conflit devant l'OMC en demandant l'ouverture de discussions sur les tee-shirts et les fils de lin.

Les importations en provenance de Chine de ces deux catégories de produits avaient augmenté respectivement de 187% et 56% au premier trimestre 2005, après la levée des quotas dans le secteur textile au 1er janvier.

Pékin a expliqué que Chinois et Européens n'avaient pas voulu que leur différend sur le dossier particulier des textiles compromette l'ensemble de leurs relations commerciales.

"Pendant les négociations, les deux parties ont reconnu que le commerce des textiles représentait un élément important des relations commerciales entre l'UE et la Chine", dit le ministère chinois du commerce.

"Sur la base du partenariat stratégique général et de la coopération bilatérale, nous nous sommes mis d'accord pour respecter le principe du bénéfice mutuel et promouvoir de manière active le développement stable et sain du commerce des textiles", ajoute-t-il.

Pékin s'est félicité du dialogue avec les Européens qu'il a opposé à la confrontation choisie par les Etats-Unis sur le même sujet.

"La décision européenne contraste nettement avec l'imposition de limites aux exportations par les Etats-Unis, une approche largement critiquée par la communauté internationale comme discriminatoire et protectionniste, qui sape les principes qu'elle entend défendre", dit l'agence officielle Chine nouvelle dans un long commentaire.

Elle juge qu'au contraire l'UE s'est bien comportée. "Le gouvernement chinois apprécie la sincérité de l'UE dans sa volonté de résoudre les contentieux commerciaux avec la Chine par le dialogue et la consultation, plutôt que par des actions unilatérales", a-t-elle rapporté.

La télévision nationale a ajouté que l'accord représentait "un bon exemple dans le contexte de la mondialisation de l'industrie du textile".

Mais certains ont accusé le gouvernement d'avoir sacrifié les intérêts des travailleurs chinois sous la pression étrangère.

"Il semble que nous ayons fait une concession unilatérale", dit un interlocuteur sur un grand site internet.

Mais Chine nouvelle souligne que l'accord avec les Européens bénéficie à l'industrie chinoise en limitant les restrictions imposées aux produits chinois. "Cela assurera un environnement stable à l'industrie du textile au cours des trois prochaines années", dit l'agence.