Décidément, le départ de Dominique Leroy de la direction de Proximus devient une véritable saga à rebondissements. Ce jeudi, plusieurs perquisitions ont lieu, tant à son bureau dans les locaux de l’opérateur télécoms belge qu’à son domicile privé. 

Un porte-parole du parquet de Bruxelles a confirmé l’information, tout comme Dominique Leroy elle-même, auprès de l'agence Belga.

De sources judiciaires, il apparaît que cette instruction serait liée aux soupçons d’un éventuel délit d’initié dans le chef de la désormais ex-patronne de Proximus qui rejoindra dans quelques semaines le groupe néerlandais KPN.

Pour rappel, la FSMA, le gendarme boursier, a ouvert une enquête à l’encontre de Dominique Leroy à la suite de la vente par cette dernière, le 1er août dernier, d’un paquet de 10 840 actions Proximus pour un montant global de 285 342,40 euros. La question centrale est celle-ci : Dominique Leroy savait-elle au moment de vendre ses actions Proximus qu’elle allait rejoindre KPN ? Ou avait-elle déjà pris un engagement vis-à-vis de son futur employeur néerlandais ou même accepté une offre financière de ce dernier? On se souvient que l’annonce du départ de Dominique Leroy avait provoqué une baisse du titre.

Quelle chronologie?

La justice cherche donc à comprendre la chronologie des événements via les perquisitions qui ont été menées hier. Les documents saisis – et ordinateurs ? – permettront très probablement d’y voir plus clair sur cette question.

Le fait que le conseil d’administration de Proximus avait finalement décidé d’anticiper à ce vendredi le départ de Dominique Leroy – au départ elle était censée partir le 1er décembre – a probablement accéléré les choses sur le plan judiciaire.

Dominique Leroy s’est déjà défendu, il y a environ dix jours, d’avoir commis un tel délit d’initié. “Je n’avais à ce moment-là (NdlR : celui de la vente des actions) pas décidé de quitter Proximus”, avait-elle expliqué. Précisons qu’un CEO n’est autorisé à vendre ses actions de la société qu’il dirige qu’à certains moments, par exemple jamais un mois avant la publication de résultats financiers ou d’informations sensibles. Les six mois précédant le 1er août, Dominique Leroy n’avait ainsi pas le droit de vendre ses actions.

KPN, le futur employeur de Dominique Leroy, a dit ce jeudi soir “prendre note” de la situation.

Ce rebondissement judiciaire intervient en tout cas dans un contexte délicat pour Proximus alors que le climat social reste très lourd et que l’opérateur se cherche un nouveau CEO.