En prenant le contrôle de son plus petit concurrent basé à Houston, au Texas, Chevron accroît ses réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel d'environ 18%, détaille un communiqué.

La transaction lui permet notamment d'augmenter sa présence aux Etats-Unis dans le bassin de Denver, dans le Colorado, ainsi que dans le bassin permien, à cheval entre le Texas et le Nouveau-Mexique.

Elle lui donne aussi accès à de nouvelles opérations en Israël et en Guinée équatoriale.

En fusionnant les deux entreprises, Chevron s'attend par ailleurs à économiser 300 millions de dollars sur ses coûts opérationnels.

Ce rachat intervient à un moment compliqué pour l'industrie de l'énergie, touchée de plein fouet par l'effondrement des cours du pétrole en mars et en avril, quand la pandémie de Covid-19 a drastiquement freiné les trajets en voiture et en avion et ainsi fait chuter la demande en brut.

Le cours du WTI, le baril de référence à New York, s'est depuis un peu repris et évolue actuellement autour des 40 dollars le baril.

Mais plusieurs entreprises du secteur n'ont pas tenu le choc et ont déposé le bilan, comme Whiting Petroleum en mars ou plus récemment Chesapeake Energy.

Selon le cabinet d'avocats texan Haynes & Boone, plus de 20 sociétés spécialisées dans la production de pétrole et de gaz naturel ont fait faillite depuis le début de l'année aux Etats-Unis.

"Notre bilan comptable solide et notre discipline financière nous permettent d'acheter des actifs de qualité en ces temps difficiles", a commenté lundi le PDG de Chevron, Michael Wirth, cité dans le communiqué. "C'est une opportunité à bon prix pour Chevron d'acquérir des réserves et des ressources prouvées supplémentaires", a-t-il ajouté.

Selon l'entreprise, le rachat des réserves prouvées de pétrole et gaz naturel de Noble revient à moins de 5 dollars le baril.

L'opération, en incluant la dette, valorise au total Noble à 13 milliards de dollars. Le prix d'acquisition, à 10,38 dollars l'action, représente une prime d'environ 7,6% par rapport au cours de Bourse de Noble vendredi à la clôture et de 12% sur la moyenne du cours des dix dernières séances.

Chevron, qui a une capitalisation boursière de 163 milliards de dollars, avait déjà tenté de s'étendre de façon importante dans le bassin permien, où le coût de production du pétrole et gaz de schiste est particulièrement bas, via le rachat de Anadarko Petroleum au printemps 2019. Mais la major avait finalement renoncé à surenchérir sur l'offre d'Occidental Petroleum.

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