Pfizer a annoncé hier la suspension de la vente du Bextra. Les autorités sanitaires américaines et européennes considèrent que les risques potentiellement fatals qu'implique la prise de ce médicament contre l'arthrite l'emportent sur ses effets positifs. L'autorité sanitaire américaine, la Food and Drug Administration (FDA), a en outre demandé au groupe pharmaceutique de faire apparaître sur les emballages du Celebrex, un autre analgésique, une mise en garde sur ses effets indésirables, selon la forme la plus visible prévue par la réglementation.

Au cours d'une téléconférence, le directeur des recherches sur les médicaments à la FDA a déclaré que l'agence considérait que les anti-inflammatoires de la série des coxibs, à laquelle appartient le Bextra, présentaient un risque cardio-vasculaire. «Nous ne pensons pas disposer actuellement de suffisamment d'informations pour en mesurer les risques», a-t-il précisé. Il a ensuite ajouté qu'il avait été demandé à Pfizer de retirer le Bextra parce qu'il ne présente pas d'avantages particuliers et qu'il peut provoquer des réactions cutanées dangereuses.

Les inhibiteurs COX-2 ou coxibs, dont font partie, outre le Bextra, le Celebrex et le Vioxx du groupe pharmaceutique Merck, sont des anti-inflammatoires censés éviter les saignements gastriques provoqués par d'autres médicaments.

Pfizer a dit contester la mesure imposée sur le Bextra, annonçant qu'il chercherait avec la FDA dans quelles conditions il pourrait reprendre la commercialisation de ce produit. En décembre, cet organisme avait déjà demandé aux médecins de limiter la prescription du Celebrex et du Bextra après qu'il eut été démontré que ces médicaments risquaient d'accroître le risque d'accidents cardiaques. Les ventes de Celebrex avaient alors brusquement chuté.

En baisse à Wall Street

Sur l'ensemble de l'année 2004, les ventes de Bextra ont totalisé 1,3 milliard de dollars et celles de Celebrex 3,3 milliards. Hier, à 18h, l'action Pfizer accusait à Wall Street un recul de 1,53pc sur son cours de la veille, à 26,45 dollars. Mais sa tendance sur cinq jours restait positive (+0,69pc) en raison du bond de 3,74pc enregistré mardi grâce à l'annonce d'un plan d'économie.

Merck avait dû retirer le Vioxx du marché en septembre à la suite d'une étude montrant que cet anti-arthritique multipliait par deux le risque d'accidents cardio-vasculaires chez des patients auxquels il a été administré pendant au moins 18 mois.

Dans un communiqué de presse, la FDA se dit prête à «examiner avec attention» toute proposition de Merck visant la reprise de sa commercialisation du Vioxx.

© La Libre Belgique 2005