Entretien

Le géant électronique Philips a annoncé lundi des résultats 2006 qualifiés de "solides", avec un bénéfice net de 5,38 milliards d'euros, un chiffre d'affaires en progression de 6 pc à 26,98 milliards d'euros et un dividende par action en hausse de 36 pc à 60 centimes d'euros.

Pierre-Jean Sivignon, le directeur financier du groupe, évoque la nouvelle stratégie de Philips, qui a fait un certain nombre de désinvestissements pour se concentrer sur quatre grands pôles : le médical, l'éclairage, les appareils domestiques et l'électronique grand public.

Ce sont d'excellents résultats bien sûr, mais votre marge opérationnelle est en baisse...

Cette diminution s'explique par un certain nombre d'éléments exceptionnels. A périmètre comparable, notre marge opérationnelle a augmenté d'un pour cent entre le quatrième trimestre 2005 et le quatrième trimestre 2006. Mais surtout, il faut souligner que nous avons atteint nos objectifs pour chacune de nos lignes de produits.

Vous avez opéré ce que vous appelez vous-même une "réorganisation stratégique de votre périmètre". Comptez-vous vendre encore d'autres activités en 2007 ?

Oui. Normalement, nous devrions revendre les 16 pc que nous détenons encore dans le fondeur taïwanais TSMC, ce qui représente tout de même une valeur de quelque 7 milliards d'euros. Nous comptons réduire également notre participation dans la société LPL, une société commune avec LG qui produit des écrans plats LCD. Nous sommes à 32,6 pc du capital aujourd'hui, nous devrions descendre sous la barre des 20 pc.

Le groupe Philips a un site à Bruges qui produit des téléviseurs haut de gamme. Est-il menacé ?

Non, pas du tout. Il est vrai que nous sous-traitons la quasi-totalité de notre production dans le domaine de l'électronique grand public, ce qui nous permet d'être un des seuls acteurs sur ce marché à gagner de l'argent de manière régulière, mais il nous reste trois usines propres, dont celle de Bruges, et nous n'avons aucun projet de fermeture en ce qui les concerne. Au contraire même, notre activité TV est profitable.

On parle énormément de développement durable. En tant que grand producteur d'ampoules économiques, constatez-vous un impact sur vos ventes ?

Il y a clairement un mouvement. Nous produisons des ampoules économiques depuis des années, et nous voyons une prise de conscience, tant du côté des particuliers que du côté des entreprises. Nous poussons d'ailleurs fortement ce mouvement. Cela dit, je dois bien reconnaître que nos solutions d'éclairage économiques ne représentent encore que 10 pc de la totalité de notre activité éclairage. Autant dire que la marge de progression reste très importante.

Dans le domaine de l'éclairage, vous venez également de racheter la société belge Massive.

Effectivement. Il est remarquable de constater que l'éclairage, qui est un des métiers les plus anciens du groupe Philips, est parvenu à croître de 8 pc en 2006. Cela s'explique par trois facteurs : l'apparition de nouvelles technologies, le boom environnemental et la création de nouvelles applications. Les lampes LED, notamment, sont une véritable révolution. C'est pour cette raison que nous avons racheté la société Lumiled, qui connaît une croissance extrêmement forte, ainsi que la société Massive. Celle-ci est un des leaders sur le marché des luminaires grand public, elle peut donc constituer un des vecteurs d'introduction des LED sur ce marché. Cette acquisition va aussi nous permettre d'attaquer l'Asie.