Fondée à la fin du 19e siècle, la société néerlandaise Philips a démarré ses activités en produisant des ampoules électriques, avant de devenir le géant de l'électronique que l'on connaît. Plus de 100 ans plus tard, le groupe basé à Eindhoven a refait de l'éclairage un de ses principaux axes de développement, mais en mettant cette fois l'accent sur les technologies d'éclairage écologique. Selon Philips, l'adoption massive de telles technologies permettrait d'épargner jusqu'à 51 milliards d'euros de frais d'électricité par an, soit l'équivalent de 273 millions de tonnes d'émissions de CO2, 800 millions de barils de pétrole ou la production de plus de 265 centrales électriques.

Un discours évidemment loin d'être désintéressé. "Nous agissons par souci écologique, bien sûr, mais soyons clairs, il s'agit également d'un nouveau marché et donc d'une opportunité économique à saisir" , reconnaît Frans Schmetz, le patron de Philips Belgique. L'activité "lighting", qui représente 22 pc des 26,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe, connaît aujourd'hui un taux de croissance de 7 à 8 pc par an, contre seulement 2 à 3 pc il y a encore quelques années.

Bruges pas menacé

La partie visible de cet iceberg, ce sont les ménages, de plus en plus nombreux à remplacer leurs ampoules classiques par des ampoules économiques. Or, il s'agit d'un segment sur lequel Philips est particulièrement actif. D'ici quelques mois, la société commercialisera d'ailleurs une première lampe halogène économique, baptisée Edore. Mais le gros du chiffre d'affaires provient de la partie cachée de l'iceberg, à savoir le marché professionnel, que ce soit l'éclairage des rues, des bureaux ou des magasins. Tout bénéfice pour la Belgique puisque c'est à Turnhout que sont conçues la plupart de ces technologies. Frans Schmetz annonce d'ailleurs une hausse des investissements dans ce centre de recherche en 2007.

Le patron de Philips Belgique s'est montré rassurant aussi sur le sort de l'usine de Bruges, qui conçoit et produit les téléviseurs haut de gamme de la marque, et à propos duquel les syndicats se sont récemment inquiétés. "Il n'y a pas d'autre centre de recherche de ce type au sein du groupe Philips, autant dire que Bruges est d'une importance capitale pour nous", a-t-il souligné, en assurant qu'il n'y avait pas de craintes à avoir pour le futur de l'usine, du moins à moyen terme, le long terme étant quant à lui impossible à prévoir dans ce secteur hautement concurrentiel.

À noter que Philips Belgique-Luxembourg a enregistré un bénéfice net de 270 millions d'euros en 2006, soit nettement plus que les 154 millions de 2005. La société emploie environ 4 000 personnes dans ces deux pays.