La Commission européenne a décidé vendredi d’ouvrir une enquête approfondie sur le plan d’aide à la banque Dexia, mis sur pied par la France, la Belgique et le Luxembourg pour l’aider à surmonter la crise financière, car elle doute que "la viabilité" du groupe soit assurée. "La Commission a l’obligation de vérifier que les aides très importantes apportées à Dexia s’accompagnent de projets réalistes pour remédier aux problèmes qui ont conduit à la situation actuelle. Les plans qui nous ont été présentés ne permettent pas de conclure positivement à ce stade. Un examen approfondi est donc nécessaire", a déclaré dans un communiqué la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes.

Le plan d’aide accordé à Dexia s’articule autour de plusieurs axes. Tout d’abord, la Belgique, la France et le Luxembourg ont participé début octobre à une augmentation de capital de 6,4 milliards d’euros. Les Etats belge et français ont aussi apporté une garantie de 150 milliards pour faciliter le financement de la banque sur le marché interbancaire. Troisième axe : la garantie sur un portefeuille d’actifs douteux de 16,9 milliards de dollars détenus par FSA, la filiale américaine de Dexia, qui a reçu vendredi le feu vert de l’exécutif européen.

Dès le mois de novembre, en approuvant les premières aides au "sauvetage" de Dexia, la Commission avait prévenu que les trois gouvernements impliqués devraient présenter un plan de restructuration du groupe. Visiblement, elle ne se montre pas totalement convaincue par les mesures annoncées jusqu’à maintenant (dont, notamment, des réductions du personnel).

Le délai normal pour ces enquêtes est de dix-huit mois avec, comme menace ultime, un remboursement des aides. "On va essayer de conclure avant l’été", nous a expliqué Jonathan Todd, porte-parole de Neelie Kroes.

De quoi mettre la pression sur les Etats pour trouver une solution rapidement, même si le groupe a tenu à relativiser en évoquant dans un communiqué "des mesures résolument engagées" (comme la cession de FSA ou la maîtrise des coûts). On sait qu’une des pistes étudiées est une alliance avec la Banque postale (française) afin d’améliorer le financement de Dexia.

En attendant, cette nouvelle a mis le titre sous pression (-14,15 pc à 1,863 €).