La crise du Covid-19 a coupé l'herbe sous le pied de nombreuses personnes souhaitant se lancer en tant qu'entrepreneur. Une récente étude menée par Partena Professional met en lumière cette crise entrepreneuriale. En 2020, les "starters", c'est-à-dire les indépendants qui se lancent sur le marché, ont baissé de 21 % par rapport à 2019.

"Les chiffres des starters en janvier et février 2020 étaient similaires à ceux observés en 2019. C’est lors du premier confinement que les répercussions du covid se sont faites le plus ressentir. En mars 2020, on dénombrait 20 % de starters en moins par rapport à 2019. Cette diminution s’élevait à - 60 % en avril 2020, et - 47 % en mai 2020", détaille Partena. Si les chiffres sont repartis à la hausse durant l'été, ils ont à nouveau chuté en fin d'année.

Des disparités flagrantes entre les secteurs et... les âges

L'enquête a également permis de mettre en évidence les fortes disparités entre les secteurs. Ainsi, "Partena Professional constate une nette augmentation des starters actifs dans l’e-commerce (+66 %) ainsi que dans les professions paramédicales, telles que les infirmiers (+13 %), les kinésithérapeutes (+35 %) et les logopèdes (+23 %). Les secteurs de la vente à domicile (+17 %), et le développement web (+50 %) ont également été prisés par les starters en 2020".


Sans grande surprise, le secteur de l'Horeca a été l'un des plus durement touchés, avec une baisse de 46 % durant l'année écoulée. "Cette diminution se porte à -30 % dans le bâtiment et la construction, à -51 % pour les chauffeurs de taxi et à -60 % pour les aides à domicile", ajoute Partena.

L'âge était également un facteur déterminant. La crise semble avoir eu moins d'emprise sur les jeunes entrepreneurs. Chez les 25-30 ans, la baisse n'était que de 12 %, et elle atteignait les 19 % pour les moins de 25 ans. Elle grimpait à 23 % pour les 40-50 ans, à 28 % pour les 50-65 ans et même à 31 % pour les plus de 65 ans. "L’âge moyen de l’indépendant qui se lance a par ailleurs diminué de 36,7 à 36,1 ans."

Des différences provinciales

Toutes les régions du pays n'ont pas subi les mêmes pertes, et c'est dans la capitale que la crise a frappé le plus durement. "Partena Professional a enregistré la plus forte diminution de starters à Bruxelles (-27 % en 2020) et en Flandre occidentale (-26 %)", précise encore le communiqué. Suivent ensuite le Brabant flamand (-19 %), Namur (-17 %), le Hainaut (-17 %), la Flandre orientale (-15 %), le Brabant wallon (-14 %), Liège (-12 %), le Limbourg (-5 %) et le Luxembourg (-5 %). "Fait remarquable, Anvers a quant à elle connu une augmentation de 4 % du nombre de starters en 2020."


Autre fait remarquable, le nombre d'indépendants qui ont stoppé leur activité a baissé de 33 %, et les faillites ont même chuté de 45 %. "Ces diminutions observées chez les indépendants qui arrêtent leurs activités était attendue. Le moratoire sur les faillites et les différentes aides publiques ont sans doute permis d’éviter une vague de faillites en 2020. Il faudra être très attentif à ces chiffres en 2021, en fonction du prolongement ou non du moratoire et des aides, surtout pour les secteurs les plus touchés", explique Stanislas De Blomme, Workforce Manager chez Partena Professional.

"La pandémie a manifestement eu de lourdes conséquences sur les starters dans notre pays. [...] Espérons que ces starters pourront se lancer en 2021, et qu’on leur en donne les moyens, car ils seront un des moteurs de la reprise économique", conclut-il.