Nouveau bras de fer entre les travailleurs de GSK soutenus par le Setca (FGTB) et la direction. Lundi, le syndicat avait annoncé des actions fortes sur les sites de Wavre et Rixensart pour protester contre la décision de ne pas reconduire la CCT 90 (convention collective de travail) qui concerne les primes versées aux employés et aux ouvriers. GSK a effectivement décidé d’aligner le système de bonus annuels sur celui en vigueur pour les cadres, comme l’exige la direction du groupe basé à Londres. Ce mardi, une partie des travailleurs a donc décidé de rentrer chez eux après une assemblée générale qui n’a vu aucune avancée dans les négociations avec la direction, annonce Ludovic Calonne, le délégué syndical.

Une confrontation qui ne fait que commencer

"Le mouvement est très suivi, de nombreux bâtiments sont à l’arrêt. C’est le premier jour d’un combat qui s’annonce long. Demain, les travailleurs resteront chez eux ou bloqueront encore des bâtiments", précise le syndicaliste.

"Il y a eu moins de ventes de vaccins (hors Covid-19, GSK n’en produisant pas encore, NdlR) alors que la production a continué, donc il y a des stocks", ajoute-t-il, conscient que le rapport de force ne fait que commencer.

"Cette CCT 90 a été négociée en échange de l’abandon d’une augmentation de salaire. On y tient. Les bonus peuvent varier mais ça peut représenter une perte de 1 000 à 1 500 euros net par an alors que l’entreprise a fait 1,8 milliard de gains après impôts l’année dernière", renchérit-il.

Le même système pour tous ?

Pour Elisabeth Van Damme, porte-parole de GSK, "toutes les catégories de personnel restent éligibles mais ce bonus demeure variable. Ce qui est important, c’est d’être équitable. Cadres, employés, ouvriers, tous ont désormais le même système de bonus, ce qui correspond au système voulu par le groupe. Un bonus n’est pas systématique, ce n’est pas acquis. La CCT a été conclue au niveau national mais les bonus sont décidés pour l’ensemble du groupe".

Ce qui provoque la colère des syndicats, c’est aussi le fait que ce sont les employés et ouvriers qui ont le plus à perdre. Le fait d’aligner le système de bonus ne fait pas perdre ou économiser d’argent au groupe mais ce dernier, en suivant les règles venues de la maison-mère, ne répond pas à certaines demandes de transparence sur ces bonus et ne bénéficie donc plus de l’exonération partielle de ceux-ci par le fisc belge. C’est donc dans la poche des travailleurs que cela se joue.

"Ils vont payer la même chose mais le modèle cadre est imposé par Londres. La direction belge n'est qu'une marionnette pour le groupe. Les bonus ne seront plus exonérés car l’État belge exigeait de la transparence sur les critères d’attribution", rétorque Ludovic Calonne, alors que le plan social prévoyant suppressions d’emplois et délocalisation partielle est encore en cours.

“On sait sur quels critères sont basés les bonus du groupe mais on ne peut pas donner le niveau de détail que demande le fisc belge. On ne peut pas être trop précis, certaines informations sont sensibles au niveau concurrentiel et boursier”, répond quant à elle la porte-parole.

Pour le syndicaliste, l’importance du chiffre d’affaires du groupe, le fait que les frais de déplacements et d’infrastructures soient largement réduits ainsi que les perspectives de ventes de vaccins, dont le futur produit contre le Covid-19 développé avec Sanofi, devrait pousser le groupe à faire des concessions vis-à-vis des travailleurs.