Après le premier appel à projets lancé dans le cadre des pôles de compétitivité et qui a permis de récolter 68 dossiers, le deuxième tour vient de rendre son premier verdict; 171 acteurs dont 50 PME, 21 grandes entreprises, 70 acteurs académiques (universités) ainsi que des centres de recherche et de formation ont participé à ce deuxième tour qui a permis de rassembler 36 projets (recherche, formation, expansion économique). "Nous avons tiré des leçons du premier appel et la mobilisation générale à laquelle nous avons assisté est une première en Wallonie. Par ailleurs, les pôles commencent à travailler ensemble et ils ont un impact qui dépasse les cadres de leurs frontières", a commenté mercredi Jean-Claude Marcourt (PS), ministre wallon de l'Economie, de l'Emploi et du Commerce extérieur. Les 36 projets rentrés sont actuellement analysés par les 12 membres du jury international qui rendra son avis en mars. On saura ainsi quels sont les dossiers finalement retenus, en attendant un troisième appel à projets annoncé pour le quatrième trimestre de cette année.

80 millions d'euros

En attendant, on sait d'ores et déjà que les 36 projets ont permis le maintien de 774 emplois dont un tiers d'emplois peu qualifiés. D'après les estimations, si tous les dossiers rentrés sont validés par le jury, ils donneraient lieu à la création de plus de 3 300 emplois (en trois ans) dont plus d'un millier d'indirects. "Il y a une surpondération des emplois très qualifiés, mais ceux-ci serviront de leviers pour les emplois peu qualifiés", a-t-il reconnu.

Le budget prévisionnel des projets est estimé à environ 80 millions d'euros dont 64,3 millions de subventions publiques. Les cinq pôles de compétitivité arrêtés par l'exécutif wallon dans le cadre du Plan Marshall ont participé au deuxième tour. La répartition du budget octroie 42 pc pour le pôle Biowin (sciences du vivant), 25 pc pour Mecatech (génie mécanique), 20 pc pour Wagralim (agroalimentaire), 7 pc pour Skywin (aéronautique et aérospatial) et 6 pc pour le pôle transport et logistique. Le premier appel avait rassemblé 68 projets dont 43 ont été retenus par le jury en avril 2006 pour 102 millions d'euros. Ils devraient générer la création d'environ 2 760 emplois dans moins de trois ans. D'après le ministre Marcourt, les conseils de gouvernance des pôles ont, cette fois, joué un rôle de premier tri dans les projets si bien que ceux qui sont rentrés sont plus matures que lors du premier appel.

De nouveaux pôles en vue

L'Union wallonne des entreprises (UWE) reproche toujours au gouvernement wallon d'avoir prédéterminé les cinq domaines dans lesquels on pouvait créer les pôles de compétitivité. Elle indique que d'autres pôles (économie d'énergie, isolation, etc.) auraient pu librement émerger de la part des acteurs. "Les secteurs retenus sont ceux où il existe aujourd'hui une base économique suffisante qu'en y mettant un accent, on peut faire un saut quantitatif et qualitatif pour devenir des compétiteurs au niveau européen et mondial. Mais on fera tout pour favoriser l'émergence d'autres secteurs et il n'est pas exclu que d'autres pôles soient labélisés à l'avenir", rétorque M. Marcourt.

L'UWE reconnaît toutefois que les pôles retenus participeront au renforcement du tissu économique wallon et à la création de nouvelles PME. Mais, "les pôles ont atteint aujourd'hui une dynamique propre, il faut que les prochains appels à projets soient faits suivant leur propre rythme. Jusqu'à présent, ils ont été déterminés par le calendrier du gouvernement", nous a confié Vincent Reuter, l'administrateur délégué de la fédération patronale wallonne.