Wendelin Wiedeking, le patron de Porsche persiste et signe. Depuis que le David de Stuttgart a récemment porté sa participation dans le Goliath de Wolfsburg de 20 pc à 27,4 pc, il réclame un troisième siège au conseil de surveillance du premier constructeur automobile européen. "Jamais deux sans trois", a lancé le président, goguenard, à la conférence de presse annuelle de Porsche. Ce n'est certainement pas par modestie qu'il a refusé de commenter des spéculations selon lesquelles il voudrait succéder à la tête du conseil de VW à Ferdinand Piech qui aura 70 ans l'an prochain. En revanche, il a encore une fois salué l'intention de la Commission d'abroger la loi Volkswagen qui limite à 20 pc les droits de vote des grands actionnaires. On sait que la Cour de justice européenne rendra un jugement l'an prochain.

VW, une entreprise familiale

Actuellement, Porsche n'a pas plus de droits de vote que l'autre grand actionnaire, la Basse-Saxe, qui possède 20 pc des parts. Récemment le conseil de surveillance de Porsche a décidé de porter sa participation à 29,9 pc, en dessous du seuil de 30 pc au-delà duquel il serait obligé de lancer une OPA. En même temps le conseil a décidé de faire approuver par l'assemblée générale de Porsche une éventuelle augmentation de capital d'un volume de 8 milliards d'euros. On pense généralement que Porsche essaiera de prendre la majorité de VW après un verdict positif des juges de Luxembourg. Hier Wendelin Wiedeking n'a pas caché ses intentions. "Nous avons ouvert le jeu, aux autres joueurs de réagir. Pour être pris au sérieux nous devons avoir l'autorisation d'augmenter le cas échéant le capital", a-t-il expliqué.

Les familles Porsche et Piech possèdent l'intégralité des actions munies du droit de vote de Porsche. La presse allemande avance que s'il obtient une prolongation de son mandat de président du conseil de surveillance de VW au printemps, Ferdinand Piech pourrait alors accompagner la reconversion de VW en une entreprise "familiale". Wiedeking présente un argument massue pour défendre la mainmise sur Volkswagen : si la loi VW tombe et si un investisseur financier reprend le groupe, alors l'étroite coopération entre Porsche et VW serait en danger.

Porsche en bonne santé

L'usine VW de Bratislava produit la carrosserie de la Cayenne de Porsche et à partir de 2009, l'usine VW de Hanovre fera pareil pour le nouveau modèle de sport Panamera. Les deux groupes développent aussi en commun un moteur hybride. Certes, Porsche est en excellente santé. Au cours de l'exercice 2005-2006 clos fin juillet, le bénéfice avant impôt a progressé de 70 pc à un record de 2,1 milliards d'euros. Mais, concède le président, ce résultat dopé par des éléments exceptionnels ne se répétera pas pendant le nouvel exercice. Le niveau bénéficiaire devrait stagner pendant trois ans, jusqu'au lancement de la Panamera en 2009.