Les dernières semaines de cotation sont décidément placées sous le signe de la détente. Détente ? Selon l’indice ViX, Volatility Index, la volatilité des marchés d’actions est revenue dans la moyenne historique, soit sous les 20 points.

Ce niveau fut aussi historiquement dépassé pour atteindre pratiquement le cap de 80 points au début de la crise financière née de l’implosion de la bulle des “subprime” en octobre 2008.

Ce qui signifie qu’à ce moment, l’écart entre les cours acheteurs et vendeurs était maximal au point de créer des valorisations impossibles entre l’offre et la demande, soit encore des cours estimés de zéro pour des obligations d’entreprises pourtant rentables et solvables…

De quoi se poser pas mal de questions sur l’efficience des marchés financiers, et sur la validité des modèles d’évaluation des bilans des entreprises soumises à l’appréciation de leurs stocks de valeurs mobilières cotées.

Le ViX est retombé sous ses niveaux inquiétants ces derniers mois et singulièrement ces derniers jours avec une série de nouvelles positives comme l’accord européen sur le versement d’aides à la Grèce et la réussite par cette dernière de la vague de rachat d’une partie de sa dette à bon compte, signifiant un effacement réel d’une grosse partie de cette dette.

La BNB douche le budget

Le tout validant finalement une stratégie donnée perdante par les observateurs, mais gagnante au final. Une stratégie commune finalement aussi aux principales banques centrales dans le monde puisque ces dernières restent solidaires dans l’effort de lutte contre les spéculateurs.

De son côté, la Fed a à peine maintenu le suspense cette semaine en annonçant le maintien des programmes de rachat de dette hypothécaire. Sa politique monétaire accommodante sera, a-t-on rappelé cette semaine, maintenue “pour longtemps” encore, soit jusqu’au moment où les indicateurs relatifs au niveau de l’emploi seront revenus dans le vert, comme ceux relatifs à l’évolution des prix…

Dans chaque cas, les limites ont clairement été définies en fonction des observations les plus récentes. Ce qui tranche, dans l’esprit, avec les observations “a posteriori” de la Banque nationale de Belgique qui sont venues doucher chez nous le budget élaboré par le gouvernement ces dernières semaines…

Le tout étant confirmé sur les marchés obligataires par le placement d’émissions par les pays européens en difficulté, et par un recul sensible encore des rendements à long terme des obligations d’Etat de référence tout près des planchers historiques.

Opération KBC

En Bourse, les indicateurs sont restés aussi près de leurs niveaux les plus élevés de l’année, aidés en ce sens par la remontée lente mais systématique des valeurs financières. En Belgique, KBC, seule rescapée de la crise financière, secourue à point nommé par l’Etat fédéral et la Région flamande, a profité de cet état de grâce pour annoncer le remboursement des aides d’Etat pour un total de plus de 3,5 milliards, coût de l’aide compris.

Une manière de racheter son indépendance, de se débarrasser des administrateurs indépendants et de l’interdiction de payer des dividendes à ses actionnaires.

Dans ces actionnaires, il est bon de se souvenir qu’existe KBC Ancora, soit l’ancrage flamand de KBC, une société à portefeuille en difficulté financière qui, elle, n’a d’autres ressources que sa participation aux bénéfices de KBC.

Bref, KBC revient aux pratiques d’antan : plus de discrétion sur ce que fait le groupe, plus de bénéfices cédés aux actionnaires, et aussi, une politique locale recentrée sur sa clientèle et son actionnariat historiques. Rassurant ? Oui, si cela suggère que la volatilité survenue dès octobre 2008 a disparu… Ce que semblent montrer les indicateurs.

Cet état d’esprit se traduit en tout cas par une fermeté rassurante des indices boursiers et par un verrouillage apparent des bénéfices boursiers engrangés depuis le début de cette année, soit une quinzaine de pour-cent en moyenne, sans tenir compte des dividendes versés par les entreprises concernées.

Soit encore plus de dix fois le rendement des produits sans risques commercialisés par les opérateurs financiers en Belgique... avant le précompte mobilier qui passera à 25 % en 2013.