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Après des années de tentatives aussi tumultueuses que vaines, la prophétie de Daniel Weekers - "2007 sera l'année des câblos !", nous assurait-il en décembre dernier - est sur le point de se concrétiser... Le patron de Be TV sait en principe de quoi il parle : les télédistributeurs wallons contrôlent à travers ACM 68,1 pc du capital de la chaîne à péage. Ainsi, le rapprochement laborieux de tous les acteurs du câble wallon, auxquels il faut ajouter la part bruxelloise de Brutélé, ne serait plus qu'une question de jours. "C'est fait, même s'il reste quelques détails administratifs, notamment sur le statut du personnel de la future entité", indiquait hier une source proche du dossier, confirmant de la sorte l'information du "Tijd" selon laquelle un accord serait enfin intervenu sur l'intégration de l'ensemble des sociétés de télédistribution de la Communauté française.

Si aucun obstacle de dernière minute ne vient perturber la mécanique politico-économique, un opérateur "câble" unique devrait donc être en mesure d'offrir - à partir de la rentrée de septembre, selon le scénario le plus optimiste - non seulement des services de télédistribution aux 1,3 million de foyers wallons abonnés au câble, mais également des services Internet à haut-débit et de la téléphonie (soit le trio magique dit du "triple play"). Mêmes produits, mêmes services, mêmes tarifs : que vous habitiez à Arlon ou à Wavre, c'en sera alors fini des "chapelles" sous-régionales contrôlées par les intercommunales de télédistribution, chacune avec sa propre offre et ses propres tarifs.

Un réseau à moderniser

L'opération de rapprochement des câblos est en cours depuis plusieurs mois (lire ci-dessous). A la manoeuvre, on trouve le consortium constitué par ALE-Télédis et Brutélé, deux intercommunales pures qui comptent entre 600 et 650 000 abonnés. Sous la marque commune Voo, ce consortium avait fait offre de rachat, en septembre dernier, des huit autres intercommunales du câble pour la somme de 475 millions d'euros. Ce "club des huit", dans lequel on retrouve des communes et Electrabel (à l'exception d'Ideatel), pèse plus de 650 000 foyers abonnés. Aujourd'hui, acheteur (Voo) et vendeurs sont donc sur le point de se passer la bague au doigt.

Outre qu'il simplifiera considérablement la vie des abonnés au câble (dont le taux de pénétration dépasse les 90 pc en Belgique), ce mariage donnera surtout un coup d'accélérateur à la télévision numérique par le câble et permettra de lancer, dans le chef des câblos, la commercialisation du "triple play".

Si la signature de l'accord financier est attendue dans les prochains jours, les futurs mariés devront encore opérer l'intégration complète de leurs structures respectives pour se présenter unis face aux consommateurs. Il conviendra surtout de mettre le réseau technique à niveau, ce qui nécessitera un investissement estimé à 25 millions d'euros. Quant à la structure de direction, elle est quasi finalisée : la présidence à André Gilles (ALE), la direction générale à Stéphane Moreau (ALE), la direction financière à Pol Heyse (consultant ALE) et la direction technique à Jean-Michel Adant (Brutélé).

Au total, la future entité devrait maintenir le niveau d'emploi actuel des différents câblos, soit quelque 1 350 personnes (plus une septantaine d'employés en provenance d'Electrabel). En ce qui concerne d'éventuelles pertes d'emplois qui pourraient naître du rapprochement des différentes entités, Stéphane Moreau assure qu'il n'y en aura pas. "Au contraire, l'impact sur l'emploi sera positif si les affaires se développent", promet-il.