Le géant américain publiait hier soir ses résultats : il doit convaincre qu’il a bien une stratégie pour sortir du "tout-iPhone".

Apple, qui a déjà prévenu que ses ventes de fin d’année seraient décevantes, va s’efforcer de convaincre ce mardi, en présentant ses résultats, qu’il a encore de la ressource, malgré l’inquiétude des investisseurs et alors qu’une faille de sécurité a été découverte sur son application FaceTime (lire par ailleurs).

Au début du mois, la marque à la pomme a pris tout le monde par surprise en prévenant, fait rarissime, que son chiffre d’affaires et ses ventes d’iPhone avaient été plus mauvais que prévu sur les trois derniers mois de 2018, le premier trimestre de son exercice décalé. La sanction boursière a été immédiate, avec un recul de 10 % du titre. Apple, qui avait été en août la première entreprise privée à franchir la barre symbolique de 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, valait lundi à la clôture 740 milliards, derrière Amazon et Microsoft.

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Dépendance

Selon Apple, le responsable des ventes décevantes d’iPhone est à chercher du côté du ralentissement de l’économie chinoise et de celle d’autres pays émergents. Et pour son PDG Tim Cook, la guerre commerciale menée par le président américain Donald Trump handicape ses finances. Le chiffre d’affaires publié mardi devrait donc être inférieur aux prévisions avancées par le groupe à l’automne, et que les investisseurs avaient déjà trouvées timides, soit 84 milliards de dollars. Surtout, le raté de la fin 2018 pose une question cruciale pour les investisseurs : l’entreprise connaît-elle seulement un trou d’air passager ou s’agit-il d’un problème plus grave ?

Apple va devoir convaincre qu’il a bien une stratégie pour sortir du "tout-iPhone", à l’heure où le marché du smartphone est complètement saturé. Jusqu’à présent, le groupe américain était parvenu à compenser le ralentissement des ventes en sortant des modèles toujours plus chers, dépassant pour certains la barre symbolique des 1 000 dollars. Tactique payante puisque le chiffre d’affaires continuait à croître bien plus vite que les ventes, mais qui pourrait commencer à montrer ses limites dans une économie mondiale ralentie. D’autant plus que la concurrence est féroce de la part de constructeurs offrant des performances similaires, mais moins chères.

Outre le leader mondial, le sud-coréen Samsung, Apple fait face à l’ambition acharnée du chinois Huawei, qui lui grignote des parts du marché mondial. Signe sans doute qu’Apple a senti le vent tourner, il avait présenté en septembre l’iPhone Xr, moins cher que le Xs et le Xs Max - et qui s’est mieux vendu que les deux autres aux États-Unis.

Diversification

Apple a aussi commencé à accélérer sa diversification dans les services : l’hébergement de données dématérialisées (cloud), la musique, les films et les séries (Apple Music et iTunes) et le paiement numérique (Apple Pay). Entre juillet et septembre, ces activités avaient représenté 10 milliards de dollars, sur un chiffre d’affaires total de près de 63 milliards.

"Ce n’est pas la fin d’Apple, mais juste le passage du smartphone vers une maturité ennuyeuse, en attendant la suite", résume Benedict Evans, de la société d’investissement spécialisée Andreessen Horowitz. (AFP)