"On a suspendu la conciliation. On a connu des difficultés dans les discussions et on n'a pas pu atterrir, c'est le crash", regrette Said Zaoudi, secrétaire permanent à la CNE, à propos des négociations entre la direction d'IBM et les salariés présents en Belgique.

"Chaque partie a bien voulu discuter, avec des objectifs des deux côtés. On négocie longuement depuis trois jours mais au final, on dresse le constat d'échec. La direction reste bloquée et donne des petites choses qui ne sont satisfaisantes. Nous déposons donc un préavis de grève immédiat et illimité, avec différentes actions", précise le syndicaliste. Pour lui, les dirigeants des filiales n'ont plus de marge de manoeuvre face à la maison-mère. "Ils n'ont plus de pouvoir, ils décident de peu de choses. Leurs rôles se limitent presque à être des comédiens. Ils devraient démissionner", avance-t-il.

"Néanmoins, la porte n'est pas fermée, la diplomatie ne s'arrête jamais", renchérit-il.

"Les journées de samedi et dimanche n’ont pas permis le rapprochement des parties sur plusieurs sujets fondamentaux, malgré la créativité et les nombreuses alternatives proposées par la délégation syndicale", précise le front commun syndical, alors que la direction d'IBM avait entamé et clôturé la phase 1 de la procédure Renault, prévue en cas de licenciements collectifs, sans l'aval des syndicats. 196 emplois, soit près d'un cinquième des postes en Belgique, sont menacés.

"Le manager commence sa nouvelle fonction par un échec"

"La direction refuse toujours de fixer des critères objectifs, transparents et mesurables pour les processus de départs volontaires et pour les licenciements forcés, de synchroniser le processus de départs volontaires avec celui des licenciements forcés afin de permettre un vrai choix au personnel concerné, de dresser un inventaire des avantages et conditions de travail du personnel transféré vers Kindryl (la structure créée afin de délocaliser environ 300 postes qui ne sont pas supprimés, NdlR) et de prévoir un plan de formation du personnel en lien avec l’évolution de la technologie", ajoutent les syndicats. 

Pour eux, les concessions faites, comme la priorité pour le personnel interne en ce qui concerne les offres d'emploi ainsi que le remplacement des travailleurs licenciés pour d'autres raisons qu'économiques ou techniques, ne sont que très insuffisantes.

"Le nouveau vice-président Country General Manager (CGM) d’IBM Belgique, à peine promu depuis le 1er janvier 2021, commence sa nouvelle fonction par un échec", concluent les syndicats.

La direction d'IBM n'a quant à elle jamais répondu à nos questions pour le moment.