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Première: la Russie accueille

V.S. (avec AFP)

Publié le - Mis à jour le

L'événement est d'importance pour la Russie de Vladimir Poutine. Pour la première fois de son histoire, la Russie a, en effet, le privilège d'accueillir dès samedi à Saint-Pétersbourg le G 8, le club informel des pays les plus riches (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et donc Russie) de la planète. En levée de rideau, vendredi soir, Vladimir Poutine s'entretiendra avec George W.Bush sur les dossiers chauds du moment.

Au départ, la question énergétique était censée être le plat de résistance du menu des chefs d'Etats présents à Saint-Pétersbourg. Mais l'actualité internationale des derniers jours va évidemment bouleverser sensiblement l'agenda des débats entre les grands de ce monde. La situation explosive au Proche-Orient avec l'embrasement de la frontière entre le Liban et Israël (nos pages «Faits») sera largement commentée. Mais également le dossier du nucléaire iranien, la menace nord-coréenne, la situation toujours chaotique en Irak ou la question récurrente du terrorisme après les attaques subies en début de semaine par l'Inde et la mort du tchétchène Chamil Bassaïev, «terroriste numéro un» aux yeux de Moscou.

Le président français Jacques Chirac -le doyen des dirigeants des huit pays les plus industrialisés du monde et qui assistera probablement à son dernier G 8- tentera, lui, de bouleverser le programme en plaidant pour un «accord ambitieux» sur le changement climatique tout en réaffirmant l'appui du Nord à l'Afrique «au moment où elle commence à relever la tête». Les Russes feront, eux, le forcing pour faire leur entrée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

C'est dire si les enjeux énergétiques -propulsés au coeur de l'actualité durant l'hiver dernier à la suite de la «guerre du gaz» entre Moscou et Kiev et des craintes en Europe sur l'approvisionnement énergétique- risquent de passer au second plan. Ce jeudi, le quotidien libéral russe «Kommersant» estimait même que le G 8 ne discuterait que «pendant une demi-heure» de la sécurité énergétique. Totalement insuffisant évidemment pour trouver un terrain d'entente entre les Occidentaux et les Russes qui ont des visions différentes sur cette question sensible.

Réciprocité

La chancelière allemande Angela Merkel a donné le ton jeudi à l'occasion d'une conférence de presse à Stralsund (nord-est de l'Allemagne) en compagnie du président Bush: les Occidentaux vont faire pression sur la Russie pour qu'elle signe la charte de l'énergie afin d'obtenir de meilleures garanties sur la sécurité de leur fourniture d'énergie. Une charte que la Russie a signée en 1994 mais sans l'avoir ratifiée de peur de voir remis en cause le monopole du géant gazier Gazprom sur la distribution et le transport de gaz russe vers l'étranger. Les Occidentaux parleront donc de «principes de transparence, de réciprocité d'accès (NdlR: ils souhaitent participer à l'exploration du projet gazier géant de Chtokman dont les réserves au fond de la mer de Barents sont évaluées à 3 500 milliards de mètres cubes) et d'ouverture». Du côté russe, la musique sera évidemment différente: si Gazprom s'intéresse de plus en plus aux réseaux de distribution sur le Vieux Continent, la doctrine du Kremlin s'articule autour du monopole de Gazprom, qui «tient» ses clients grâce à des contrats à long terme, et sur le refus du développement d'un marché libre du transport des hydrocarbures.

Bref, il ne faut véritablement attendre de grandes avancées sur ce dossier énergétique. Mais plutôt l'amorce d'un dialogue qui prendra probablement un bon moment avant de déboucher sur des premiers résultats concrets.

© La Libre Belgique 2006

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