collaboration

Six ans après le début d’un long et pénible bras de fer juridique, les éditeurs de journaux francophones regroupés dans l’association Copiepresse et Google ont enterré la hache de guerre. Un armistice qui est aussi le début d’une ère de collaboration entre les opposants d’hier puisque l’on discute déjà de projets de développement en forme de synergies au profit des parties prenantes. En peu de mots, on oublie le problème des contenus numériques (journalistiques notamment) repris par Google, sans compensation financière, et on essaie de travailler ensemble.

Une victoire du géant américain sur les petites entités industrielles belges ou une victoire juridique potentielle des Belges sur l’empire de l’Internet ? Ni l’un, ni l’autre, de l’avis des parties. Jeudi matin, Google (représenté par son directeur belge Thierry Geerts), Copiepresse (représenté par François le Hodey, administrateur délégué d’IPM Group qui chapeaute notamment "La Libre") et, enfin, Frans Wauters, directeur général de la Société de droits d’auteur des journalistes (SAJ), ont parlé d’une même voix à cet égard. D’abord, sur le contenu de l’accord qui a "fuité" mercredi sur la Toile et qui, de l’avis de François le Hodey, "n’a pas donné une image conforme à la réalité". Ensuite, sur la bonne volonté des parties. "Après le début du conflit juridique sur les droits en 2006, nous (les éditeurs de presse francophones) avions gagné en Première instance, puis en Appel, suite à quoi Google avait été en Cassation. L’accord signé mercredi met fin à tous les procès en cours", a synthétisé François le Hodey. Copiepresse abandonne donc les poursuites, tout comme la SAJ et Google. "La jurisprudence est ce qu’elle est, mais nous avons pris cette option. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir à propos du fond de l’affaire des opinions divergentes "

Aller de l’avant

Pourquoi alors cesser les hostilités ? "Nous aurions pu, l’un et l’autre, jouer la montre et tabler sur un dénouement futur avec, à la clé, des indemnisations plus importantes, mais la rapidité d’évolution de la vague numérique nous a convaincus de la nécessité d’aller de l’avant. On a observé cette évolution en 2012, ce qui nous a convaincus que le temps était venu de conclure dans la perspective de voir, en 2013, une partie du contenu des sites des journaux passer en mode payant. Il valait mieux finaliser ce conflit par un bon accord", a encore résumé François le Hodey. Frans Wauters confirme : "Il est bon de noter que patrons de presse et journalistes sont sur la même longueur d’onde. C’est nouveau !"

En pratique, le conflit a eu, sur la présence des articles numérisés des journaux francophones, une série de répercussions, comme la disparition des pages Google News. A quand le retour des journaux francophones sur cette plate-forme ? "Ce n’est pas encore précisé parce que cela doit faire l’objet d’un accord entre éditeurs, mais cela ne devrait pas tarder. C’est une question de semaines", assure François le Hodey. Et techniquement ? "Cela ne devrait pas poser de problème", assure Thierry Geerts.

Quid des collaborations possibles ? "Il ne faut pas imaginer que le retour des articles sur Google News va faire exploser la fréquentation des sites de la presse francophone. Il faut d’ailleurs retenir que ces sites sont restés leaders de ce marché, sans Google. Mais nous avons désormais la possibilité d’utiliser des outils marketing et publicitaires permettant d’accéder à d’autres niveaux de marché", conclut François le Hodey.