Les travailleurs de l'usine Volkswagen de Forest qui accepteront de s'en aller volontairement se verront accorder des primes de départ historiquement hautes, oscillant entre 25 000 et 144 000 euros. Les délégations syndicales ont en effet conclu, vendredi en fin de soirée, un accord en ce sens avec la direction du constructeur allemand, au terme de négociations qui auront duré plus de huit heures. Les ouvriers pourront bénéficier des mêmes conditions que les employés, en l'occurrence une prime correspondant à un mois de salaire brut par année d'ancienneté, sur base du salaire de l'équipe de nuit.

Selon les syndicats, une telle prime de départ représente, pour des travailleurs ayant plusieurs années de service, un montant global dépassant les 100 000 euros. La somme minimal tournerait autour de 25 000 euros, et le plafond atteindrait 144 000 euros. "C'est unique et exceptionnel par rapport aux normes belges", ont-ils souligné, visiblement satisfaits, à l'issue de la réunion.

Registre

La prime de départ sera valable pour tous les travailleurs qui s'inscrivent, entre le 7 décembre et un mois après la clôture de la procédure prévue dans le cadre de la loi Renault, dans le registre des personnes souhaitant quitter volontairement Volkswagen. Les syndicats et la direction élaboreront la semaine prochaine un tableau reprenant les montants précis auxquels ont droit les travailleurs par année d'ancienneté. Des montants concrets seront alors précisés, même si "tout le monde peut déjà se faire un petit calcul pour lui-même", ont ajouté les porte-parole syndicaux. A noter que les travailleurs intérimaires recevront eux aussi une prime de départ de 25 000 euros.

A la fin de la réunion, la direction de Volkswagen Forest affichait elle aussi sa satisfaction. La hauteur des primes de départ accordées montre clairement que Volkswagen "assume ses responsabilités sociales", a souligné Jos Kayaerts, directeur du personnel de l'usine. "Nous avons également réaffirmé que nous étions disposés à payer à nouveau tout le monde à partir de la semaine prochaine si l'usine se remet à tourner le 18 décembre", a-t-il ajouté. Du côté syndical, on refusait toutefois de s'engager d'emblée dans cette voie : "Il faut d'abord qu'une série de mesures soient adoptées, et ce n'est qu'alors que nous arrêterons la grève". Parmi celles-ci, les syndicats réclament notamment des "garanties absolues" quant à l'arrivée de la future Audi A1 en 2009 à Forest et à la période de transition entre 2007 et 2009 ainsi qu'un accord sur les prépensions.

Un nouveau conseil d'entreprise est prévu mardi prochain dans le cadre de la procédure Renault. Deux jours plus tard, les syndicats et la direction se reverront pour négocier le volet prépensions, les syndicats partant là aussi du principe que les ouvriers bénéficieront des mêmes conditions que leurs collègues employés. (Belga)