Pour la première fois depuis 2002, les sociétés belges de capital d'investissement ont pris le dessus sur leurs homologues étrangères en Belgique. C'est l'un des enseignements de l'enquête annuelle publiée hier à Bruxelles par la "Belgian venture capital and private equity association" (BVA), l'organisation qui regroupe les fonds de "private equity" (capital d'investissement) actifs en Belgique.

Selon cette enquête, les sociétés de capital d'investissement ont apporté 1,398 milliard d'euros aux entreprises belges l'an dernier, contre 475 millions en 2005. Les fonds belges ont été particulièrement actifs puisque leurs investissements ont atteint 855 millions d'euros dans notre pays en 2006, soit bien plus que les 140 millions déployés un an plus tôt. Quant aux sociétés de capital d'investissement étrangères, elles ont apporté 543 millions d'euros aux entreprises belges. Pour la première fois depuis plusieurs années, ces dernières ont donc été financées davantage par les fonds belges dont la part de marché atteint 61,2 pc. En fait, il faut remonter à 2002 pour trouver pareille situation. "Mais à l'époque, l'économie mondiale était en crise , rappelle Guy Geldhof, secrétaire général de la BVA. Les fonds de private equity étrangers n'avaient alors pas trouvé le chemin de la Belgique, chaque économie se repliant sur elle-même."

Les fonds belges poursuivent aussi leur progression à l'étranger, "ce qui est important pour l'industrie du "private equity" belge" , se réjouit André-Xavier Cooreman, président de la BVA. En tout, les investissements belges à l'étranger ont atteint 85 millions d'euros en 2006, contre 54 millions l'année précédente. La même tendance s'observe dans les investissements étrangers en Belgique, puisque les 543 millions d'euros de l'année dernière font suite aux 337 millions investis en 2005. La progression des investissements du "private equity" dans notre pays suit peu ou prou la courbe de la croissance économique depuis la reprise constatée après l'éclatement de la bulle technologique, soit à partir de 2002.

De quoi croître à l'étranger

Les investissements des sociétés belges de capital d'investissement se répartissent en 530 millions d'euros dédiés au capital à risque (prises de participations dans des entreprises) et 410 millions pour les opérations de "buy-out" (acquisition d'entreprise) et de "replacement capital" (acquisition des parts d'une entreprise auprès d'une autre société de capital d'investissement).

Les 530 millions d'euros affectés au capital à risque se ventilent en 39 millions pour les entreprises qui démarrent (contre 62 millions en 2005) et 491 millions pour la croissance des entreprises (contre 52 millions), un montant record "souvent destiné à asseoir la croissance à l'étranger" , précise-t-on à la BVA. Enfin, l'enquête souligne que la valeur du portefeuille des sociétés belges de "private equity" a atteint le niveau record de 2,9 milliards d'euros, contre 2,3 milliards en 2005.