Procter&Gamble s’allège du côté pharmaceutique. Le groupe de produits de grande consommation a annoncé lundi la vente de son activité pharma au groupe irlandais Warner Chilcott, pour un montant de 3,1 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros). Les deux sociétés détaillent la transaction dans un communiqué conjoint, confirmant ainsi l’information dévoilée dimanche soir par le quotidien américain "The Wall Street Journal".

Grâce à cette transaction, qui devrait être bouclée d’ici la fin de l’année, le groupe irlandais va s’emparer de l’ensemble des produits pharmaceutiques existants et en développement du groupe américain, ainsi que de la majorité des 2 300 salariés de la division pharmacie. Warner Chilcott espère ainsi acquérir une dimension mondiale, dit le communiqué.

De son côté, Procter&Gamble (P&G) a précisé que l’opération se traduira par un gain exceptionnel d’environ 1,4 milliard de dollars (1 milliard d’euros) après impôts dans les résultats de son exercice en cours, soit environ 44 cents par action. Mais il y aura aussi un effet dilutif à cause de la perte de chiffre d’affaires dû à la vente de la branche pharmaceutique. Les actionnaires verront donc leur participation "diluée", c’est-à-dire que chaque action représentera une part de l’entreprise d’une valeur légèrement inférieure à celle des parts calculée avant la transaction. L’effet dilutif sera compris entre 10 et 12 cents par action pour l’exercice 2010.

Cet accord représente l’une des plus grosses acquisitions de l’été, écrivait dimanche soir le "Wall Street Journal", soulignant que cette cession représenterait une plus-value significative pour P&G, alors que sa division pharmaceutique affiche des recettes annuelles de 2 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel de 800 millions. Pour Warner Chilcott, spécialisé dans la santé féminine et la dermatologie, un tel rachat lui permet de tripler son chiffre d’affaires.

P&G avait indiqué, fin 2008, mettre en vente sa division de produits pharmaceutiques après avoir longtemps cherché à se développer dans la pharmacie. Son échec à acquérir, en 2000, les laboratoires Warner-Lambert et American Home Products l’avait contraint à mettre un terme à la recherche et développement maison de ses médicaments, privilégiant à la place des partenariats ciblés avec de petites firmes de biotechnologies mais aussi des universités. P&G sera donc désormais davantage tourné vers les produits de soin et d’hygiène non-pharmaceutiques (dentifrice, essuie-tout, etc.), les produits d’entretien domestiques et les produits de beauté.