La direction d'Arjo Wiggins, qui a fait appliquer mardi matin l'ordonnance du tribunal des référés visant à libérer l'accès à l'usine de Nivelles, a rendu publique, dans un communiqué diffusé en fin de journée, ses propositions pour le plan social. Une manière de contrer les syndicats, qui critiquent l'absence d'avancée sérieuse, alors qu'une rencontre en présence de deux conciliateurs est annoncée pour mercredi après-midi au cabinet du ministre wallon de l'Emploi, Jean-Claude Marcourt.

D'après la direction, la mise en pré-pension de 87 personnes permettrait de réduire les licenciements secs à 6 ouvriers et 17 employés. Pour le personnel intérimaire, elle propose une notification avec prestations de huit semaines octroyées à chaque intérimaire, "ce qui donnera à chacun du temps pour faire les démarches auprès de sa société d'intérim afin de retrouver un nouvel emploi".

Les dirigeants de l'entreprise nivelloise reprochent en outre aux représentants syndicaux d'exiger des mesures supplémentaires allant "très au-delà" de ce que l'entreprise peut réaliser, que ce soit sur un plan légal ou économique.

"Nous avons fait des avancées importantes dans la négociation du plan social. Notre plan est sérieux et réaliste. Par ailleurs, le blocage des installations n'est justifié ni d'un point de vue légal, ni dans l'intérêt de l'entreprise pour livrer ses clients. La direction est prête à finaliser les propositions du plan social sur une base réaliste et responsable, et ce dans l'intérêt de tous", a indiqué Hervé Barjon, administrateur délégué d'Arjo Wiggins.

La direction détaille publiquement les points clés du plan social qu'elle propose, à savoir, pour les ouvriers, une prime de départ de 25.000 euros bruts pour le départ éventuel volontaire d'ouvriers de Nivelles, dans la limite du nombre de licenciements, une prime de licenciement doublée, à savoir l'équivalent de 112 jours de travail, la pré-pension à 52 ans, et une "récompense" de 20% du salaire pour les ouvriers qui resteront afin de former leurs collègues.

Pour les employés, la prime de licenciement correspondant à la grille Claeys sera appliquée avec un supplément de 7.500 euros et une pré-pension à 52 ans également.