Le groupe PS organisait, mercredi, au Parlement wallon, une journée de réflexion sur “Les enjeux et les évolutions nécessaires du bail à ferme”. Bail qui est désormais régionalisé. Où il s’est avéré que les différents intervenants étaient sur la même longueur d’onde. Jusqu’aux deux parties, à savoir les propriétaires-bailleurs et les locataires-agriculteurs… A tel point que le porte-parole du jour des propriétaires, Xavier de Munck (NTF), a dû modifier, sur le… champ, son allocution, les principales critiques qu’il avait prévu de relever ayant été exposées, juste avant, par… la conseillère juridique de la FWA, la Fédération wallonne de l’agriculture, Anne-Sophie Janssens : durée quasiment illimitée, volonté des propriétaires de trouver des solutions pour en sortir (vente, sociétés de gestion, contrats précaires, saisonniers ou de culture), grande difficulté pour eux de faire valoir des motifs de congé, faiblesse des fermages (loyers, NdlR)… “Le bail à ferme, une pièce maîtresse qu’il faut maintenir. […] Notre expérience démontre toutefois que le système est désuet. […] Il faut un système objectif d’indexation, un équilibre entre revenus des agriculteurs et rendement des propriétaires” , dira-t-elle. Sans pour autant que sa fibre “agricole” soit gommée par une fibre “patrimoniale”. S’adressant, comme les autres intervenants, à un panel de parlementaires qui vont revoir le texte, elle a noté que “les risques pèsent seulement sur les épaules du preneur. […] Pour lui, la terre est un outil de travail. […] Il faut éviter que le prix soit libre.” 

Plus personne n’en veut

“C’est parce que je crois au bail à ferme dans l’intérêt des agriculteurs qu’il faut le changer”, a ajouté Anne-Sophie Janssens. Parce que tel quel, les propriétaires n’en veulent plus ! Même les CPAS et les fabriques d’églises, jusqu’aux anciens agriculteurs, par ailleurs propriétaires, qui en ont pourtant bénéficié comme locataires pendant toute leur vie professionnelle. A la FWA comme chez NTF, on ne les demande plus. Seuls les contrats de culture (d’un an) ou les contrats saisonniers (moins d’un an ou pour une culture déterminée) trouvent encore un écho favorable. Il faut dire que ceux-ci génèrent de meilleurs profits. “ En chiffres”, selon Me Gaëtan Goisse, autre intervenant de cette journée de réflexion, qui relève lui aussi “une situation ubuesque où les propriétaires ne veulent plus donner en location” , “telle terre en bail à ferme rapporte entre 400 et 600 euros de fermage, mais 1 200, 1 500, 1 800 euros en contrat de culture. Il y a donc de la marge.”