LIBRE ECO WEEK-END | START-UP DE LA SEMAINE

La start-up wavrienne cherche à automatiser le travail de prospection des vendeurs dans les entreprises.

"C’est une aventure formidable que l’on vit", s’exclame Vincenzo Ruggiero, le CEO de Prospect.io, assis à côté de son COO (Chief Operating Officer), Jean-Baptiste Escoyez. Depuis 2016, les deux cofondateurs de Prospect.io s’activent à développer leur produit, leur "SAS" (sales automation service), un logiciel qui automatise le travail de prospection des vendeurs dans les entreprises.

Le logiciel vise à identifier et contacter de nouveaux clients potentiels (ou prospects), avec l’ambition de les convertir en clients. "C’est une idée qui est partie d’un besoin rencontré lors de mon expérience professionnelle antérieure", explique le responsable de la start-up, qui est également le père fondateur de Javry (service de vente de café équitable). "Je visitais de nombreux sites web à la recherche de clients potentiels. Je perdais un temps dingue à retrouver leurs emails, à leur expliquer ce que l’on faisait et, ensuite, traquer leurs réponses". À l’époque, le CEO l’ignorait encore mais il faisait ce que l’on appelle de la prospection. Et c’est en mettant un nom dessus qu’il réalise le potentiel de son idée.

Plus de 6 000 utilisateurs dans le monde

Aujourd’hui, le responsable de la start-up change la vie de plus de 1 300 entreprises et de plus de 6 000 utilisateurs à travers le monde. Les Etats-Unis en tête (50 % des clients de Prospect.io), suivi de la France et du Royaume-Uni (35 % des clients). Le reste des utilisateurs est dispersé dans 100 pays différents. "Toute la communication est axée, depuis le départ, vers les Etats-Unis", explique Vincenzo Ruggiero. Le site est uniquement en anglais. "C’était une volonté car le marché américain est très demandeur de ce type de solution".

Le logiciel coûtait au départ 9 dollars. Aujourd’hui, il faut s’acquitter de 79 dollars pour en disposer. "L’augmentation du prix s’explique par la complexité des améliorations apportées", justifie Jean-Baptiste Escoyez. À savoir, une extension sur Google Chrome qui permet de retrouver, en un clic, toutes les informations de contacts d’une personne.

L’automatisation des boîtes mails est un autre exemple : la plateforme personnalise un email grâce à un template (modèle) et traque les réponses des clients, qu’elles soient positives ou négatives. "L’air de rien, c’est une petite révolution qui a nécessité des développements techniques et une attention accrue en termes de sécurité", explique le CEO. Cette amélioration a d’ailleurs dû faire l’objet d’un audit de Google, réalisé en un an, pour répondre aux normes inhérentes du GDPR européen (Règlement général sur la protection des données). Pour les deux cofondateurs, "avoir réussi ce test est une grande fierté".

Rentable au bout de six mois

Après six mois d’existence, la jeune pousse brabançonne était déjà rentable. Pour 2019, elle a enregistré un chiffre d’affaires "100 % récurrent" de 1,5 million d’euros. "La croissance enregistrée est exponentielle", se réjouit Vincenzo Ruggiero. Une fierté légitime d’autant plus que l’entreprise fonctionne uniquement sur fonds propres. "On a toujours utilisé nos revenus et bénéfices pour renforcer l’équipe qui compte actuellement 14 membres", se félicitent les deux fondateurs.

Sambrinvest a tout de même investi 650 000 euros dans le projet, mais cette somme n’a pas encore été dépensée car "elle servira à se développer sur un nouveau marché, celui des grosses entreprises", explique le gestionnaire de la start-up, qui épingle là un des enjeux pour 2020. "Avec ce défi, on sort clairement de notre zone de confort". Pour réussir ce challenge, les deux fondateurs concèdent qu’il faudra "peut-être se mettre, pour la première fois, dans le rouge". Mais de manière raisonnable et raisonnée.

Prospect.io recrute divers profils pour agrandir son équipe. Info : jobs@prospect.io.