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Selon Kris Peeters, le ministre du Travail, le plan de transformation de Proximus incluerait 1900 départs potentiels et 1250 recrutements. Il a fait cette déclaration à la suite d'une rencontre mercredi matin entre le gouvernement et Dominique Leroy, la CEO de l'entreprise. Il précise toutefois que les chiffres ne sont pas définitifs et qu'il attend des informations complémentaires.

Les représentants du personnel sont, eux, convoqués jeudi à 8h à une commission paritaire extraordinaire, soit l'équivalent d'un conseil d'entreprise extraordinaire dans une entreprise privée.

De son côté, Proximus annonce qu'elle fera une communication à la presse jeudi matin également, à 9h, avant l'ouverture de la Bourse de Bruxelles. Et, en attendant, l'action Proximus est suspendue ce mercredi.

Avant l'annonce de Kris Peeters, Jean-Claude Philippon, permanent du syndicat SLFP chez Proximus, estimait que la manière dont l'entreprise publique gère cette communication est "décevante". "Ce n'est pas normal que les organisations syndicales n'aient pas été informées à la suite du conseil d'administration de mardi (lors duquel les administrateurs ont peut-être discuté d'une future restructuration, NdlR). Dominique Leroy nous avait pourtant promis de travailler avec nous en toute transparence", déplore-t-il. "Résultat : le personnel est très inquiet et nous sommes incapables de lui donner des informations avant jeudi", ajoutait le syndicaliste.

Marc Lambotte, directeur de la fédération de l'industrie technologique Agoria, estime que la CEO de Proximus, Dominique Leroy, prend ses responsabilités en vue de positionner son entreprise face à la concurrence à venir. "C'est une réaction normale de CEO qui prépare sa société aux difficultés futures", a-t-il commenté auprès de l'agence Belga.

Les syndicats et le personnel informés en dernier et par voie de presse

Et après avoir appris les intentions de l'entreprise, relayées aux médias par le ministre CD&V de l'Emploi, le permanent syndical il se montrait encore plus critique. "C'est une mise à mal de notre modèle social. Jusqu'à présent, le monde politique, présent au conseil d'administration, se tenait à distance de la gestion de Proximus. Maintenant, il s'y immisce, en mettant les organisations syndicales de côté. C'est scandaleux !"

Plus tôt dans la matinée, Stéphane Daussaint, le responsable de la CSC Transcom Proximus, faisait part de son sentiment. "Le personnel se demande s'il y aura une procédure Renault et nous fait part de son inquiétude mais nous n'avons malheureusement rien à lui communiquer car nous ne savons rien. Nous sommes mis dans une situation intenable par l'entreprise, qui se dit victime d'une fuite d'information, à cause de sa non-réactivité. C'est inacceptable."

Le syndicat chrétien, majoritaire chez Proximus, "par le passé, s'est toujours opposé à toute forme de licenciements au sein de l'entreprise", tient à rappeler Stéphane Daussaint. "Si nous sommes mis devant le fait accompli d'une annonce de restructuration et que l'entreprise n'a pas ensuite la volonté de mener de réelles négociations, nous ne resterons pas sans rien faire", annonce le permanent syndical.

Afin de tenter d'effacer cette séquence de non-communication, la direction de Proximus a invité les syndicats à une réunion informelle mercredi à 18h. La CSC fait savoir qu'elle n'y participera pas. Mais le syndicat chrétien sera bien présent à la commission paritaire extraordinaire de jeudi matin.