Dans la course à la connectivité, Proximus veut frapper fort. Si le dossier 5G reste en suspens pour le moment, celui de la fibre optique, plus consensuel, avance. Lentement, mais sûrement.

Mais Proximus ne veut plus se contenter du "lentement". L'opérateur a déjà annoncé ses partenariats pour le déploiement de la fibre en Wallonie (avec Eurofiber) et en Flandre (avec EQT Infrastructure) et annonce vouloir couvrir au moins 70 % de la population belge dans les prochaines années.

L'opérateur, qui entend bien profiter de la numérisation accélérée par le Covid-19, s'est donc fixé comme objectif d'apporter la fibre à 50 000 familles et entreprises d'ici la fin de cette année dans la Région Bruxelles-Capitale et surtout remplir l'objectif de 100 000 foyers et entreprises supplémentaires par an à partir de 2022. En ligne de mire ? Atteindre les 600 000 d'ici 2026.

Minimiser les désagréments liés aux travaux

L'opérateur annonce une opération "claire et transparente", avance la création de 600 emplois dans la Région mais également des travaux qui devraient se faire en synergie avec les autres projets de la Région et des communes. Une nécessité pour éviter les conséquences néfastes sur la mobilité ou la vie des citoyens.

"Proximus effectue une analyse avant le début des travaux dans le but d'optimiser le déploiement et de privilégier dans la mesure du possible un raccordement en façade plutôt qu'une installation souterraine. À la clé, un déploiement beaucoup plus rapide, pour un minimum de désagréments pour les riverains (...) Les désagréments liés aux travaux seront limités au strict minimum.", précise encore l'opérateur.

"Les sorties de crises passent toujours par des investissements stratégiques", affirme ce mardi matin Guillaume Boutin, le CEO de Proximus. "C'est une évidence aveuglante. C'est un facteur de relance et cela fera de Bruxelles la capitale de l'innovation en Europe", annonce-t-il encore, ambitieux.

D'ailleurs, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS), présent lors de la conférence de presse de l’opérateur, a ajouté que si les autorités étaient souvent critiquées pour les travaux dans la ville, selon lui, "une ville sans travaux, c'est une ville morte. Proximus est un acteur de voiries comme les autres".

Des milliards d'investissements

Les montants précis des investissements nécessaires pour ces travaux ne sont pas dévoilés mais Proximus avait déjà annoncé augmenter ses dépenses d’investissements annuels. Un montant global pour tout le pays de 1,3 milliard d'euros par an, donc plusieurs milliards étalés sur les prochaines années.

"On remplace une infrastructure par une autre. C'est un investissement important mais qui sera utile pour les cent prochaines années", déclare le CEO pour justifier de tels investissements. Cet ans car selon lui, difficile de faire mieux que la vitesse de la lumière dans les prochaines décennies.

"Inscrire Bruxelles comme une ville moderne et connectée"

Alors que Rudi Vervoort (PS), le Ministre-président de la Région, n'a pas pu se rendre à la conférence de presse comme prévu, il a tout de même signalé, par voie de communiqué, que "le déploiement de cette technologie représente un intérêt évident, d’un point de vue stratégique, comme économique. Cela s’inscrit par ailleurs pleinement dans la volonté de mon Gouvernement de faire de Bruxelles une Smart City".

Pour Bernard Clerfayt (DéFI), Ministre bruxellois de l'Emploi, de la Transition numérique et des Pouvoirs locaux, c'est évidemment une bonne nouvelle. "La Région a déjà installé son propre réseau il y a vingt ans donc... bienvenue à Proximus dans la fibre à Bruxelles", a-t-il d'ailleurs lancé, taquin.

Le ministre souligne également la potentielle création de 600 emplois avancée par Proximus. "Le défi sera de faire en sorte que ces nouveaux emplois soient occupés par des Bruxellois. Avec les services publics de l’emploi et de la formation, nous y veillerons", commente-t-il.

Enfin, pour Philippe Close, "une connexion réseau stable, sûre et rapide est vitale. Tout au long de la crise du Covid, c’est devenu plus évident que jamais (...). Je suis donc très heureux que des investissements dans un réseau solide du futur se fassent", a-t-il indiqué. "Comme l'a dit Monsieur Clerfayt, ce que nous voulons, c'est inscrire Bruxelles comme une ville moderne et connectée. Ce que j'aime dans votre projet, c'est le fait que vous n'oubliez aucun foyer", a-t-il également insisté.

Pour le moment, la fibre est donc déjà présente en partie à Uccle, Evere, Etterbeek et Bruxelles. Le déploiement est en cours à Anderlecht, Molenbeek et Koekelberg. Proximus devrait donc commencer les travaux pour Bruxelles centre, Schaerbeek et Ixelles dès l'année prochaine.