Après le"oui" du syndicat libéral et le "non" du syndicat socialiste la semaine dernière, le sort du plan social et de transformation de Proximus était dans les mains du syndicat chrétien. Il faut en effet la majorité des deux tiers en commission paritaire, l'organe de concertation sociale au sein de l'entreprise, pour le valider. Dans ce plan social, 1341 travailleurs de Proximus vont perdre leur emploi, avec un nombre de licenciements secs encore inconnu.

Tous les regards étaient donc tournés vers l'ACV-CSC à la commission paritaire extraordinaire organisée ce lundi matin. Les permanents du syndicat chrétien y ont annoncé le résultat du vote de leurs affiliés Proximus sur l'acceptation, ou non, du plan social. "A la majorité simple, ils ont voté en faveur du plan d'accompagnement négocié", indique Stéphane Daussaint, responsable général de la CSC Proximus.

Avec ce "oui" des verts, le plan social est définitivement entériné puisque la majorité des deux tiers est atteinte."Cet avis positif n'entérine toutefois pas le fait que nous reconnaissons l'efficience de ce plan, qui reste avant tout une mesure d'économie", tempère le permanent. "Dans les semaines et les mois à venir, la CSC se préoccupera principalement des conditions et de la charge de travail du personnel restant."

Les départs des travailleurs concernés par la restructuration de Proximus se dérouleront en deux phases. Les premiers départs, naturels non remplacés ainsi que volontaires, auront lieu dès le mois de mars.

"Après cette première phase, la CSC exigera une réelle évaluation de la viabilité de ce plan ainsi que du maintien de la qualité de l'emploi, des conditions de travail et de la qualité des services offert par Proximus", précise Stéphane Daussaint.

Un accord social "du moindre mal"

"Si ce plan se termine avec des licenciements, on se demande toujours où se cache l'actionnaire majoritaire (l'Etat, NdlR) qui, par son plus haut représentant au moment de la sortie du plan, nous avait promis que l'emploi serait la priorité ! Où sont les 'Jobs, jobs, jobs' ? L'Etat belge laisse filer les call-centers de Proximus à Casablanca et, pour la fibre optique, l'entreprise a recours à la sous-traitance, via des indépendants souvent formés par le personnel de Proximus. Derrière tout cela, c'est le personnel qui trinque et les syndicats qui doivent négocier les accords du 'moindre mal'", lance, pour conclure, le permanent CSC.

Action du syndicat socialiste

La CGSP/Acod reste mobilisée puisque quelques dizaines de membres du personnel de Proximus affiliés au syndicat ont mené lundi, devant le siège de l'entreprise à Bruxelles, une action symbolique avant le début de la commission paritaire extraordinaire. Ils arboraient des ballons noirs en guise de protestation mais n'ont pas bloqué l'accès du bâtiment.