Proximus publie des résultats pour l'année 2020 "conformes aux prévisions" et assez stables grâce à une "solide performance commerciale". Si le groupe estime que le Covid-19 lui aura coûté 49 millions d'euros, il tire tout de même son épingle du jeu dans la crise sanitaire, comme pour la plupart des opérateurs télécoms. Le marché "retail" - la vente de produits en magasin - a diminué mais les services et autres n'ont en général pas connu la même tendance.

Le groupe confirme que les dépenses vont continuer de grimper en 2021, en partie pour concrétiser les annonces par rapport au développement de la fibre dans tout le pays ou pour certains rachats, comme celui de BICS (Belgacom International Carrier Services). Celui de Mobile Viking doit encore être validé par les autorités de la concurrence. Cependant, l'opérateur maintient sa volonté de réduction des coûts, déclare Guillaume Boutin, le CEO.

"Pour continuer à maîtriser rigoureusement nos coûts à l'avenir, nous élaborons actuellement un nouveau programme qui vise à réaliser une économie brute totale d'environ 400 millions d'euros d'ici 2025. Environ la moitié de ce montant se reflète déjà dans notre objectif de baisse de -1 à -2% de dépenses d’exploitation pour la période 2020-2022."

Chiffre d'affaires en légère baisse

Le chiffre d'affaires sous-jacent domestique du groupe est quant à lui de 4,285 milliards d'euros, en baisse de 2,3 % par rapport à 2019. L'Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) sous-jacent domestique atteint pour sa part 1,705 milliard d'euros et est en recul de 0,7 %, tandis que celui de l'ensemble du groupe est de 1,836 milliard d'euros (-1,8 %).

Si l'ampleur et la durée des effets du Covid-19 restent très incertaines en 2021, reconnaît Proximus, la société émet tout de même des prévisions de stabilité pour l'année à venir.

"Proximus a clôturé l'année sur une part de marché de 45,3 % pour l'internet fixe, 38,7 % pour l'ensemble des services mobiles (hors M2M, Machine to Machine, NdlR) et 37,8 % pour la TV digitale", précise également l'opérateur.

Proximus confirme dès lors son intention de verser un dividende annuel brut de 1,20 euro par action sur les résultats 2021 et 2022, ce montant étant à considérer comme un plancher.

L’action en baisse

La publication des résultats et l’annonce du maintien du dividende n’ont pourtant pas suffi pour rassurer les investisseurs et l’action a perdu plus de 8 % à l’ouverture de la Bourse ce vendredi et a terminé sur une chute de 11,38% à 16,20 euros à la clôture.

Guillaume Boutin a tout de même tenu à rassurer les investisseurs lors de la conférence de presse qui a suivi la publication des résultats.

“La valeur de Proximus réside dans le parc clients, dans le réseau et dans sa capacité à servir un dividende. En 2020, nous avons été capables de consolider notre parc clients dans tous les domaines, aussi bien du côté des particuliers que des entreprises et des clients à haute valeur. Nous sommes en train de délivrer les promesses annoncées”, a-t-il déclaré.

Le CEO a expliqué que les différents investissements (fibre, cloud, rachat de la filiale BICS, etc.) se font ressentir sur l’Ebitda - dont les prévisions déçoivent les investisseurs pour 2021 - mais cette étape est, selon lui, nécessaire et a été faite de manière transparente. La pression sur les opérateurs et leur rentabilité (à cause de la pression sur les prix des abonnements par exemple alors que la consommation de données augmente de manière globale) n’a peut-être pas aidé.

“Nous nous sommes donné trois ans pour cette transformation et nous attendons un retour de croissance dès 2022. Nous serons capables de faire les différents investissements, le renforcement de notre base clients et le versement de dividendes car nous avons un bilan extrêmement sain. Nous sommes confiants dans notre stratégie. Avoir une vision à long terme est extrêmement important, en particulier pendant cette période difficile”, a-t-il ajouté

"Notre présence dans les fintech, l'éducation, le B2B (business to business), le divertissement, la santé (...) laissent entrevoir le futur et ce que sera Proximus dans dix ans", a-t-il conclu, convaincu que la diversification des domaines d'activité permettra de jouer "un rôle clé dans l'émergence de systèmes locaux", et être compétitifs face aux services proposés par les géants comme Google et autres.