La menace est-elle devenue réalité ? Les cas de drones, ces appareils volant sans pilote, qui "frôlent" des avions de ligne se sont multipliés ces derniers mois à travers le monde. Rien que dans les aéroports belges, six incidents de ce type ont eu lieu en 2015 et deux, dont l’un ce lundi, sur les premiers mois de cette année. "Ce ne sont pas des incidents majeurs, explique-t-on chez Belgocontrol, le contrôleur belge du trafic aérien. Il faut savoir que les drones sont indétectables par les radars. Ce sont donc des pilotes qui ont vu ces appareils volant à 100 ou 200 mètres de leurs avions."

Jusqu’ici, aucun avion commercial n’avait été percuté par ce type d’appareil, du moins en Europe. Mais ce dimanche, la donne a sans doute changé et la menace s’est concrétisée. L’équipage d’un Airbus A320 de la compagnie British Airways, qui s’apprêtait à atterrir à l’aéroport de Londres-Heathrow, a prévenu la tour de contrôle qu’un drone avait heurté l’avion lors de son approche finale.

Fort heureusement, l’atterrissage s’est produit sans autre problème. Après une inspection complète, British Airways a expliqué que l’appareil n’avait subi que de légers dommages au niveau du nez. Deux heures plus tard, l’avion a d’ailleurs redécollé. A noter que la police londonienne n’avait, jusqu’à hier soir, identifié aucun suspect. Aucune épave du drone n’a pu être récupérée.

Un drone peut-il faire exploser un avion ?

Mais les questions et les inquiétudes restent. Selon les spécialistes du secteur, ce type d’incidents est devenu inévitable, vu le succès commercial des drones. En 2015, près de 4 millions de drones "grand public" ont ainsi été vendus à travers le monde. Et, malgré les interdictions, certains n’hésitent pas à "s’amuser" près des aéroports. D’après les autorités locales, une vingtaine de collisions ont ainsi été évitées "de justesse" en l’espace de six mois dans les aéroports britanniques.

Mais une collision de ce type peut-elle entraîner le crash d’un avion ? Aucune étude ne l’affirme pour l’instant et les avis divergent sur la question. Dans la presse britannique, Philippa Oldham, spécialiste du secteur affirme, par exemple, qu’un impact entre un drone et un avion peut potentiellement aller "de rien à l’explosion de l’appareil". Tout serait une question de taille du drone ou, notamment, de l’angle et de la vitesse de l’impact avec l’avion.

Les autorités publiques sont conscientes de ce nouveau danger : les législations ont tendance à se durcir, avec souvent, comme en Belgique, la nécessité de licence pour les drones atteignant une certaine altitude et l’interdiction de survoler certaines zones, dont les aéroports.

"Mais même en mettant des règles strictes, on n’empêchera jamais quelqu’un d’enfreindre la loi, explique un professionnel du secteur. Ce qu’il faut, ce sont aussi des sanctions très lourdes et exemplaires pour les personnes en infraction."

D’après cette même source, la vraie menace concerne surtout l’aviation civile "légère". "Les télévisions deviennent friandes d’images prises via des drones. Imaginez le risque de collision lorsqu’on aura des hélicoptères ou petits avions d’intervention survolant le même site, et à la même altitude, que les drones des télévisions."