Les bons vieux billets de banque ont encore de beaux jours devant eux. Malgré la profusion des cartes bancaires de paiement et de crédit, la monnaie fiduciaire représente en Belgique 81,3pc des transactions dans les points de vente. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée par la Banque nationale de Belgique (BNB). Cette étude, qui se rapporte à l'année 2003, s'inscrit dans le cadre d'une table ronde sur l'avenir des moyens de paiement entamée au printemps 2004 à la demande des ministres des Finances, de l'Economie et de la Protection du consommateur.

Selon l'enquête de la BNB, près de 2970 millions de transactions ont été réalisées en liquide en 2003, soit plus de quatre paiements sur cinq. Les cartes de débit représentent 14,8pc des transactions, le porte-monnaie électronique (Proton) 2,9pc et les cartes de crédit, 1pc. Dans les supermarchés et les stations-service, toutefois, plus d'un paiement sur deux se fait par carte de débit. En termes de chiffres d'affaires, la part de la monnaie fiduciaire diminue (62,7pc) et celle des cartes augmente (37,3pc en incluant les trois catégories). Logique car au plus les montants sont élevés, au plus la carte de débit/crédit s'impose comme le moyen le plus adéquat. Pour les achats inférieurs à 20 euros, les consommateurs règlent en général en espèces. Au-delà de 40 euros, c'est la carte de débit qui prévaut. Moins étonnant: l'étude confirme que le chèque (qui représentait 1/5 des transactions avant l'arrivée des paiements «on line») a quasiment disparu, a relevé Serge Bertholomé, responsable de l'étude de la BNB.

Au niveau des coûts (supportés par le secteur financier, les instituts d'émission et les points de vente et répercutés in fine sur le consommateur), l'étude montre que par euro de chiffre d'affaires, la carte de débit est l'instrument le moins onéreux (1 centime contre 3 pour le cash).

Faut-il alors passer à une société sans argent liquide? «Non», répond Guy Quaden, le gouverneur de la BNB qui a présidé la table ronde. «Cela serait trop cher car il faudrait procéder à des investissements énormes pour augmenter le nombre de terminaux. Ce serait également dangereux de tout miser sur un seul moyen de paiement (panne ou grève des transporteurs de fonds) et surtout, cela ne répondrait pas aux souhaits des consommateurs», a-t-il conclu.

© La Libre Belgique 2005