Les interventions des banques centrales semblent porter leurs fruits. Hier, les marchés boursiers européens, durement affectés par la crise du "subprime" ces dernières semaines, ont enregistré une 2e séance de hausse, après celle de vendredi. A présent se pose la question de l'attitude qu'adoptera la Banque centrale européenne (BCE) lors de sa réunion du 6 septembre : relèvera-t-elle son taux de refinancement à 4,25 pc ou apportera-t-elle un nouveau soutien aux marchés en laissant le loyer de l'argent inchangé ?

Lundi matin, la Banque du Japon (BoJ) a injecté 1000 milliards de yens (6,5 milliards d'euros) sur le marché monétaire et, l'après-midi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé qu'elle mettait 3,5 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros) à disposition des marchés. Depuis le 9 août, les trois grandes banques centrales sont intervenues à plusieurs reprises pour soutenir les Bourses.

Banque du Japon jeudi

La BoJ, la Fed et la BCE espèrent ainsi remédier aux problèmes liés au "subprime", le marché du crédit hypothécaire à risque. Vendredi, la Fed était même allée plus loin, en abaissant son taux d'escompte à 5,75 pc. Il ne s'agit pas de son taux de référence qui reste quant à lui fixé à 5,25 pc. Mais, selon certains analystes, en posant ce geste, la Fed a laissé entendre qu'elle pourrait ouvrir la voie à une future baisse de son principal taux directeur.

D'autres estiment que les banques centrales européenne et japonaise pourraient également faire un geste lors de leur prochaine réunion. La BoJ se prononcera ce jeudi sur son principal taux directeur, actuellement fixé à 0,5 pc, l'un des plus bas au monde. Le mois dernier, tout le monde s'attendait à une hausse de ce taux mais la crise du "subprime" pourrait changer la donne. Le yen est remonté face au dollar, pénalisant les exportateurs japonais. Une hausse des taux de la BoJ ne ferait qu'envenimer la situation.

Quant à la BCE, certains pensent qu'elle pourrait également opter pour le statu quo le 6 septembre. Pourtant, son président, Jean-Claude Trichet, avait évoqué une "grande vigilance" à l'égard de l'inflation lors de sa dernière sortie, ce qui se traduit habituellement par une hausse des taux lors de la réunion suivante. Mais les tenants du maintien du taux de refinancement à 4 pc estiment que les paramètres ne sont plus les mêmes en raison de la crise boursière. D'autres pensent que les marchés, apparemment calmés depuis vendredi, avaient déjà intégré la perspective d'une hausse depuis de longs mois. Ils ajoutent qu'un changement d'orientation de la politique monétaire européenne serait la preuve d'un manque de prévoyance de la part de l'institution européenne...