Où en est l'esprit d'entreprise dans notre pays? Le «Salon Entreprendre 2006», organisé mercredi et jeudi à Tour et Taxis, permettra de prendre le pouls de la Belgique qui innove et qui crée. Au menu de cet événement, une série d'ateliers et de conférences gratuites à propos des nombreux sujets de préoccupations des futurs entrepreneurs.

Le succès devrait être au rendez-vous puisque les organisateurs attendent quelque 8000 dirigeants de PME et 240 exposants répartis sur 12000 m2. L'événement, qui sera inauguré par le ministre des Finances Didier Reynders, s'adresse en particulier aux chefs d'entreprises ou cadres dirigeants, aux indépendants, aux créateurs ou porteurs de projets, aux avocats, consultants, réviseurs d'entreprises, experts comptables ou directeurs financiers. On y parlera forcément financement, business angels, management buy-out - forcément d'actualité avec la saga Dupuis- transmission d'entreprises, aides régionales, ou brevets et marques pour ne citer que quelques thèmes.

«La Libre» est également associée à l'événement. Elle organisera ce jeudi 23 mars à 9h30 une conférence (lire par ailleurs) sur le thème «Les clés pour doper l'esprit d'entreprise en Belgique». A cette occasion, «La Libre», en collaboration avec les organisateurs du salon Entreprendre, a lancé une mini-enquête par Internet: 843 personnes ont répondu à l'appel.

Première question: quel est aujourd'hui, selon vous, le principal frein à la création d'entreprise en Belgique? Dans le cadre de ce questionnaire «fermé», 31 pc des répondants pointent du doigt la difficulté de trouver des sources de financement et l'accès difficile au secteur bancaire, devant l'importance des charges sociales (29 pc), la pression fiscale (18 pc) et les lourdeurs administratives (16 pc). Seulement 6 pc des sondés invoquent la difficulté de trouver du personnel compétent. Deuxième question: selon vous, les banques jouent-elles leur rôle de pourvoyeur de crédit envers les entrepreneurs? Non pour 74 pc des sondés qui estiment qu'elles «sont trop conservatrices ou trop restrictives dans le choix des projets qu'elles soutiennent». Seulement 16 pc des personnes interrogées estiment au contraire que les banques «soutiennent globalement les projets et jouent leur rôle».

Enfin, troisième question, comment qualifieriez-vous l'attitude du monde politique sur le thème de la création d'entreprise? Très volontariste ou assez volontariste pour respectivement 3 et 32 pc des sondés. Assez frileux et trop frileux rétorquent 45 et 20 pc des personnes questionnées.

Pour rappel, et selon l'étude «Global Entrepreneurship Monitor» de la Vlerick School, avec un taux d'entrepreneuriat de 3,5 pc, la Belgique fait tout juste mieux que la Slovénie et beaucoup moins bien que ses voisins, les Pays-Bas, la France ou l'Allemagne, en matière de création d'entreprises.

© La Libre Belgique 2006