Libre Eco week-end | Le dossier 

Salles de concert vides, festivals annulés, musées et galeries d’art fermés pendant de longs mois… Le monde de la culture est frappé de plein fouet par la crise sanitaire. D’après l’Economic Risk Management Group (groupe d’experts mis en place au début du confinement), il est même le secteur le plus touché avec des pertes de recettes propres évaluées à 93 %.

Face à cette mise à l’arrêt, les autorités publiques ont déployé une série d’aides financières. Mais le pouvoir public est-il le seul à devoir intervenir ? Les entreprises privées n’ont-elles pas aussi un rôle à jouer ? Et l’ont-elles fait ?

Pour Benoit Provost, le CEO de Prométhéa (institution qui a pour mission de développer le mécénat d’entreprise dans le monde culturel francophone), "il y a deux éléments à prendre en compte". Un : "Les intentions et les possibilités" des entreprises. Deux : "Le besoin pour la culture de réinventer des projets".

"Nouvelles positives"

Faut-il en déduire qu’un grand nombre d’entreprises, confrontées à une baisse de leur chiffre d’affaires, sont en train de revoir leurs budgets pour le mécénat culturel ? Les nouvelles du côté de Prométhéa sont "positives", répond Benoit Provost. Sur les 100 entreprises membres, seules trois ont fait savoir qu’elles ne pourraient pas continuer à soutenir les projets culturels proposés. Le CEO de Prométhéa souligne également des interventions dans le cadre "d’un ancrage local très fort où les entreprises se montrent fidèles en dépit du corona".

Aux yeux du galeriste Antonio Nardone, cet ancrage local est lié au fait que "les grandes entreprises du pays ne sont plus belges et donc moins prêtes à intervenir. Cela fait dix ans qu’il n’y a plus moyen d’avoir un vrai sponsor pour une exposition d’envergure", regrette-t-il.

Les entreprises en ce temps de crise sanitaire apportent donc surtout des aides ponctuelles. Ne devraient-elles pas en faire plus financièrement ? Benoit Provost estime qu’elles "n’ont pas à se substituer aux pouvoirs publics". En revanche, il appelle le gouvernement fédéral à mettre en place des leviers fiscaux (comme ce fut le cas en France avec la loi Aillagon du nom du ministre de la culture lors de la présidence de Jacques Chirac) pour encourager le mécénat, qui est une façon de participer au bien commun. "Aujourd’hui, il n’y a plus un chef d’entreprise qui ne veut pas s’inscrire dans les 17 objectifs de développement durable" définis par l’ONU, estime Benoit Provost. 

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