« Je n’aime pas quand on parle de transformation digitale des entreprises », lance Tarik Hennen, devenu entrepreneur dans le secteur hôtelier et responsable marketing digital chez les Wikipreneurs, après avoir été avocat de longues années durant. En effet, le digital fait aujourd’hui partie de tous les secteurs d’activités et de tous les domaines de connaissances. Je ne pense pas que l’on transforme les choses, mais que l’on peut développer de nouvelles connaissances et accepter d’opérer certains changements. En tous cas, on ne se transforme pas vraiment par le digital. L’enjeu est d’évoluer et cela passe surtout par un changement mental. A un moment, ceux qui ne saisissent pas les opportunités du digital subiront tout simplement le même sort que les dinosaures ... ».

S’approprier le digital... aujourd’hui plus que jamais !

Aujourd’hui, peu de gens disposent de connaissances technologiques approfondies, mais nous baignons en permanence dans les nouvelles technologies. « Ceci étant, tout le monde peut aujourd’hui développer ses compétences, il s’agit simplement de s’en donner le temps et les moyens. » Le Covid 19 et ses conséquences auraient encore accéléré le mouvement du digital.

Pour Xavier De Poorter, tout est désormais prêt pour un boum digital, tant d’un point de vue technique que psychologique. « Le confinement a permis de récolter les fruits du digital de façon immédiate. De toute façon, dans huit cas sur dix, les entreprises ont tout intérêt à se lancer dans le digital, à moins d’avoir de vraies raisons de ne pas le faire. Il ne faut pas oublier que le digital présente de réels avantages. Il s’agit, tout d’abord, d’un levier du marché et de l’économie : quand on se met en ligne, on peut toucher le monde entier. De plus, le coût marginal de prestation auprès d’un client supplémentaire est quasi nul. Si j’organise une conférence en ligne, par exemple, qu’il y ait 10 ou 1000 spectateurs, cela ne change pas grand-chose pour moi. »

« Le nerf de la guerre est à présent de s’approprier la technologie plutôt que de la subir, poursuit Tarik Hennen. Heureusement ou pas selon la situation de chacun, nous avons davantage de temps aujourd’hui qu’hier. Nous assistons désormais à moins de réunions et de conférences, etc. Cela permet de dégager des plages horaires pour s’occuper du développement de son site web, de ses réseaux sociaux, etc. et de doper l’aspect digital de son activité. »

A quoi sert le digital ?

Le digital permet d’atteindre deux objectifs bien précis. Le premier est de fournir de nouveaux canaux de communication : l’audio, les réseaux sociaux, les sites web, etc. Le second est de servir d’outil d’amélioration des processus (qu’il s’agisse de signatures électroniques de contrats, de gestion des paiements ou des ressources humaines. « Tout cela nous amène à deux finalités. Augmenter les revenus via la démocratisation de la publicité en ligne par exemple et/ou diminuer les coûts via l’automatisation de toute une série d’actions. »

Côté face, la digitalisation limite bien entendu le nombre de contacts sociaux. « Et si l’on veut fournir de la qualité, tout doit être effectué en amont. Il faut donc disposer de certains talents et compétences, et apprendre à maîtriser soi-même les outils nécessaires à un travail digital de qualité. »

Il s’agit aussi de garder le contrôle des tâches : ce n’est pas parce que l’on automatise ses factures et rappels qu’il faut perdre de vue la réalité de ses clients. Car sans aucune relation humaine, on aura bien entendu loupé le coche...

Le Podcast a le vent en poupe

Parmi l’éventail de choix digital, le podcast prend aujourd’hui son envol. « Il s’agit d’un excellent axe de travail davantage développé dans le monde anglo-saxon que chez nous, mais qui devrait très rapidement croître, explique Xavier De Poorter. Parmi ses avantages, le podcasting permet en quelques minutes de connaître l’histoire d’une personne, de faire passer des émotions... Tout cela dans une grande flexibilité d’écoute : on peut, en effet, s’en imprégner en jardinant, faisant son jogging ou la vaisselle... ». Chez les Wikipreneurs, on travaille cet axe en profondeur. « Nous venons de réaliser une série de tests et nous avons découvert qu’il existait un réel potentiel, mais que la mise en œuvre n’était pas simple. En ce sens, nous allons prochainement organiser une formation sur le podcasting, car de nombreuses start-up et scale-up sont susceptibles de se montrer intéresséees. »

Comment se lancer ?

Le digital fait aujourd’hui entièrement partie de nos vies et nous le gérons de façon assez naturelle à travers nos pages Facebook, notre réseau LinkedIn ou encore nos photos Instagram. Mais pour aller plus loin, les Wikipreneurs ont mis en place un accompagnement intensif et personnalisé pour aider les entrepreneurs à gérer tous les aspects du digital. La formation s’articule en quatre sessions. La première met l’accent sur la stratégie et la définition d’objectifs à la fois précis et atteignables.

La deuxième session effectue une analyse de la présence des clients sur les réseaux sociaux, et de celle des concurrents. Un « dashboard digital » est mis en place afin de donner à chacun une vision en temps réel des chiffres et de la progression vers les objectifs fixés. Toutes les données marketing pertinentes sont reprises en un seul et même endroit. Cela inclut notamment le référencement web naturel (SEO) et payant (SEA). Il s’agit là de définir les actions qui marchent le mieux et de se concentrer sur celles-là.

La troisième session reprend les étapes pour se faire connaître en ligne et développer son chiffre d’affaires. On se pose les bonnes questions : ai-je besoin de dix personnes pour s’occuper de ma communication digitale, ou est-ce que je peux dégager deux heures de mon temps pour m’en occuper moi-même ? On agit peu mais bien !

La quatrième session, enfin, consiste en un plan d’actions de 90 jours pour devenir autonome et obtenir des résultats durables.

Le mot de la fin...

« Il est temps de démystifier le digital, de donner de la confiance et de l’autonomie aux entrepreneurs. C’est le cœur de ce que nous souhaitons faire. » (Tarik Hennen)

« Certaines personnes ont peur du digital, pensant parfois qu’il va tuer l’emploi... Mais de toute façon, il est là, et nous ne pouvons plus revenir en arrière. La question est aujourd’hui de savoir comment en faire quelque chose d’utile. Certaines entreprises ont déjà pris le train du digital. Pour les autres, il est grand temps de se réveiller... ». (Xavier De Poorter)