L'Espagnol Amancio Ortega Gaona, un autodidacte de 77 ans qui a créé le groupe textile Zara, est la première fortune d'Europe, avec un patrimoine de 40,9 milliards d'euros, selon le classement des 100 plus riches d'Europe, publié mercredi pour la première fois par le magazine suisse Bilan.

Ce magazine, qui publie déjà tous les ans le classement des 300 plus riches de Suisse, a décidé d'élargir à l'Europe ses recherches, et précise qu'il faut un patrimoine d'au moins 6 milliards de francs suisses (5 milliards d'euros) pour espérer y figurer.

Un quart de ces très riches vivent en Suisse.

Les Français sont bien représentés dans ce listing, avec 4 places dans les 10 premiers (Familles Arnault, Bettencourt, Mulliez et Hermès). Au total, ce classement compte 12 familles françaises.

En deuxième position, derrière l'Espagnol Ortega, figure le Suédois Ingwar Kamprad (Ikea), suivi par Bernard Arnault (LVMH).

Mme Bettencourt (l'Oréal) occupe la 4ème place. C'est aussi la première femme du classement, loin devant l'Allemande Ingeburg Herz (café Tchibo, Nivea), qui occupe la 47ème place, suivie par sa compatriote Johanna Quandt (BMW).

Au total, il y a 12 femmes dans ce classement. En outre, 52% des listés sont des personnes qui ont hérité leur fortune de leurs parents.

Les Allemands et les Russes dominent le classement, avec respectivement 27 et 23 nominés.

Il n'y a que 3 Britanniques, 7 Suisses, 7 Italiens, 2 Espagnols et 5 Suédois.

Une famille princière (Liechtenstein) y figure également.

Au total, 26 des familles les plus riches d'Europe vivent en Suisse, et 3 sont françaises (Castel (vin, bière), Wertheimer (Channel), Louis-Dreyfus (matières premières).

Les Français ont fait fortune dans le domaine du luxe, comme les Italiens, alors que les Allemands sont plus actifs dans les domaines des biens de grande consommation.

Enfin, ce classement montre qu'en Europe, les "grandes fortunes actuelles sont issues, à quelques exceptions près, de la +vieille économie+", relève le journal qui ajoute que "les secteurs des nouvelles technologies de l'information sont quasiment absents de ce palmarès".

Concernant les fortunes russes, Bilan relève que les milliardaires russes ont "habilement profité de la vague de privatisation qui a déferlé sur le pays dans les années 90 pour acquérir au rabais des anciennes entreprises d'Etat".

"La grande braderie postsoviétique a rempli les coffres de ces oligarques", conclut Bilan.