Les semaines qui arrivent s'annoncent cruciales pour Dexia. Le prochain conseil d'administration est prévu le 17 novembre. On devrait en savoir un peu plus sur la nouvelle organisation qui sera mise en place début 2006 avec l'arrivée d'Axel Miller à la tête du groupe franco-belge à la place de Pierre Richard. Les paris vont bon train sur celui qui sera appelé à diriger les activités en Belgique. Mais rien ne dit que la réorganisation n'ira pas au-delà de cette succession. Peut-être visera-t-elle aussi à mieux coordonner les différents métiers.

Compte tenu de cela, certains analystes considèrent qu'une éventuelle fusion, évoquée ce week-end par Pierre Richard dans le «Financial Times», n'est pas une priorité (LLB du 2 novembre). D'autant que le groupe Dexia s'était fortement investi dans le dossier du rachat de la banque roumaine BCR, qui lui échappe à cause d'un prix trop peu élevé. Mais il reste candidat à la reprise de la caisse d'épargne CEC et a sans doute d'autres vues dans cette région du monde ou dans des pays comme la Turquie.

Processus défensif

Pierre Richard avait estimé qu'une fusion avec KBC «pouvait avoir du sens». En fait, constate Bertrand Veraghaenne, analyste chez Petercam Asset Management, le patron français a cité un certain nombre de banques (Standard Chartered, KBC, San Paolo IMI, ...) qui ont comme Dexia une capitalisation boursière comprise entre 20 et 25 milliards d'euros. Ce qui permettrait de faire une fusion entre égaux et de s'approcher de la taille critique des 50 milliards d'euros de capitalisation. Mais pour Bertrand Veraghaenne, ce serait un processus «défensif» sans création de valeur.

KBC est en tête de liste des partenaires potentiels notamment en raison de sa présence dans les pays de l'Est. De plus, d'après Bertrand Veraghaenne, KBC sera le «petit bijou pour lequel tout le monde va se battre» surtout le jour où Almancora, son premier actionnaire avec une participation de 21pc, disparaîtra. Cela donnera un élément spéculatif. «Le jour où le capital flottant de KBC est plus important que le capital contrôlé, l'action vaut 20pc de plus», ajoute-t-il.

© La Libre Belgique 2005