Quelques vérités sur la voiture de société

Entreprises & Start-up

Gilles Toussaint

Publié le

Quelques vérités sur la voiture de société
© Reporters

Très prisée en Belgique, la formule de la voiture de société est également la cible de nombreuses critiques en raison de l’influence négative qu’on lui prête sur la mobilité et, par la force des choses, sur l’environnement. Pour tenter d’objectiver quelque peu la situation, trois équipes universitaires ont mené leur enquête auprès de 181 entreprises et près de 1 500 employés (lire ci-contre) dans le cadre d’un projet baptisé Promoco.

"Cette étude poursuivait deux objectifs", explique Eric Cornelis, chercheur au sein du Groupe de Recherche sur les Transports des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur. "D’abord, voir si la mise à disposition d’une voiture de société modifie les comportements de mobilité. Ensuite, essayer de déterminer le lien potentiel entre la politique d’attribution d’une voiture de société et la localisation des lieux de travail."

Mais, alors que ce projet était financé par la Politique scientifique fédérale, les chercheurs ont été confrontés à un obstacle méthodologique de taille puisqu’ils n’ont pas eu accès aux données officielles sur les voitures de société qui sont aux mains de l’administration des Finances Le sujet est, il est vrai, particulièrement sensible. Quoi qu’il en soit, les résultats de leurs travaux livrent quelques tendances intéressantes.

Dans le Top 3 des raisons qui amènent les entreprises à proposer un véhicule à leurs employés, on trouve tout d’abord la volonté de motiver ce dernier. La nécessité de disposer d’une voiture pour l’exercice de ses activités professionnelles arrive en deuxième position devant l’aspect financier, à savoir qu’il est plus avantageux pour l’entreprise de mettre à disposition un véhicule plutôt que d’augmenter le salaire offert. La nécessité d’accéder au lieu de travail arrive quant à elle en dernière position des raisons citées. "Quand on interroge les entreprises sur le choix de leur lieu d’implantation, la réflexion sur l’accessibilité se fait uniquement par rapport à la voiture. 75 % de celles que nous avons contactées offrent d’ailleurs des parkings", observe notre interlocuteur. Sur les 181 sociétés qui ont répondu au questionnaire, 69 déclarent néanmoins mener une politique en faveur des transports publics , 61 en faveur du vélo, et 13 encouragent le covoiturage.

En général, les frais d’assurance et d’entretien sont également pris en charge par l’employeur, alors que les P-V seront imputés à l’employé. En ce qui concerne le carburant, celui-ci est remboursé dans 90 % des cas pour les déplacements professionnels et privés effectués en Belgique ; dans 80 % des cas pour les déplacements professionnels à l’étranger et dans un peu plus de 2O % des cas pour les déplacements privés en dehors de nos frontières.

De manière générale, l’attribution d’une voiture de société répond à un réel besoin. La personne qui en dispose doit en moyenne accomplir plus de déplacements professionnels que celle qui n’en a pas. "Néanmoins, une part des déplacements privés sont également effectués avec ce véhicule. Nous avons distingué les déplacements strictement professionnels, ceux entre le domicile et le lieu de travail et ceux qui sont purement privés. Ces derniers représentent entre 20 et 30 % des déplacements effectués par les gens qui ont des voitures de société, qui dans 80 % des cas l’utilisent durant les week-ends."

Parmi les répondants, les personnes qui ne disposent pas d’un véhicule de société recourent pour leur part beaucoup plus à d’autres modes de déplacement. La voiture privée reste toujours majoritaire pour les navettes domicile-travail, mais la part des transports en commun atteint 25 %.

A la question de savoir vers quel mode de déplacement se tourneraient les employés s’ils venaient à ne plus disposer de leur voiture de société, 12 % d’entre eux déclarent qu’ils seraient prêts à se tourner vers les transports en commun pour se rendre au boulot. Environ 10 % s’orienteraient vers la moto, la bicyclette, la marche ou le covoiturage ; tandis que les trois-quarts restants utiliseraient leur voiture privée. Les principaux facteurs rédhibitoires à l’utilisation des transports en commun sont les problèmes de réseau (multiplication des correspondances, etc) et la lenteur.

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