Connu pour être quelqu’un de plutôt calme et discret, Tim Sweeney, patron de l’éditeur de jeux Epic Games (dont le fameux Fortnite), vient probablement de déclencher l’une des plus grosses bagarres juridiques de l’année en proposant à ses centaines de millions d’utilisateurs (!) de contourner les toutes puissantes boutiques d’applications d’Apple et Google.

Pour Tim Sweeney et ses ouailles (700 personnes tout de même), qu’il dirige depuis la création de la société Epic Games au début des années 1990, Apple et Google se rendent coupables d’imposer des conditions financières déraisonnables aux utilisateurs de leurs plateformes en ligne, au niveau des commissions prélevées essentiellement. Et voilà l’homme placé au centre de tous les regards, lui qui distille habituellement ses interviews aux médias au compte-gouttes. Tout juste quinquagénaire, célibataire, de nature plutôt décontractée, Tim Sweeney n’a pas cause gagnée pour autant. En contournant ce qu’Epic Games appelle les "taxes tyranniques" d’Apple, Epic Games viole le contrat qui le liait au géant à la pomme. Apple a ce faisant exclu le jeu de ses systèmes et il n’est désormais plus possible d’installer Fortnite sur les iPhone et iPad d’Apple. C’est ce retrait qui a amené le groupe de Tim Sweeney à déposer plainte devant un tribunal américain contre chacun des deux mastodontes, officiellement accusés de pratiques anticoncurrentielles.

Le patron d’Epic Games, 197e plus grosse fortune des États-Unis avec plus de 7 milliards dans l’escarcelle selon le magazine Forbes, se plaît à dire qu’il aime la simplicité : il va dorénavant arpenter la complexité des règles de droit commercial dans ce conflit qui a aussi suscité un immense débat sur les réseaux sociaux.

Il a notamment reçu le soutien vendredi de la plateforme musicale Spotify et du géant de la rencontre en ligne Match Group (propriétaire notamment de Tinder). Epic a aussi publié une vidéo parodique pour tenter de rallier les fans du jeu à sa cause. Pour les experts, elle ne sera pas forcément entendue…