Etienne Davignon, Jean Stéphenne, Peter Wilhelm... L'UCL réunissait fin de la semaine dernière 80 décideurs en lien avec la Fondation Louvain, chargée de soutenir financièrement le développement de l'Université (voir "Epinglé").

Le Conseil de la Fondation, qui se rassemble deux fois par an, avait choisi d'aborder cette fois le thème des relations entre l'Université et le monde du travail. L'UCL a en effet pour objectif de préparer davantage l'étudiant à la vie professionnelle. Comment ? Notamment en proposant aux mécènes de la Fondation de soutenir divers projets dans ce domaine, comme le parrainage de conseillers en insertion professionnelle, ou encore la création d'une table ronde d'experts du recrutement.

L'UCL veut en effet désormais offrir "à tous les étudiants la possibilité de formuler un projet professionnel et de s'y préparer avec son aide". "Notre objectif pour 2010 est que chaque futur diplômé ait participé à au moins un séminaire de préparation à l'insertion socio-professionelle", explique Cécile Vander Borght, prorectrice à l'enseignement et à la formation. "Pour l'instant un étudiant sur cinq participe à une telle activité, et toutes les facultés n'offrent pas cette possibilité..."

N'oublions pas les langues

L'UCL entend aussi mettre l'accent sur les langues, en fixant pour 2010 un niveau d'exigence européen en fin de masters. Elle prévoit également d'enquêter auprès des entreprises afin de connaître leurs besoins en langues et de mieux connaître l'utilisation qu'en font ses anciens étudiants à présent embauchés. L'UCL tente déjà de rapprocher les étudiants du monde entrepreneurial.

Ainsi, actuellement, 58 masters sur 96 (contre 56 programmes sur 155 avant le décret de Bologne) proposent un stage en entreprise. Il existe également des Jobs Days, des services emplois...

Vincent Reuter, administrateur délégué de l'Union wallonne des entreprises (UWC) et invité du Conseil de la Fondation Louvain, se réjouit des initiatives concrètes prises par l'UCL. Mais pour lui, il faut encore développer les points de rencontre. "Il faut densifier les efforts. Il faudrait que les entreprises, notamment les PME et les TPE, soient davantage prêtes à collaborer avec les universités. Or cela leur apparaît comme une charge de travail supplémentaire. Mais un stage ou un mémoire, orienté sur les besoins de l'entreprise, peut être d'un apport immédiat, peu ou pas coûteux."

Vincent Reuter encourage également les formations continues de type IUFC, où un conseil stratégique rassemble les idées venues du monde extérieur et les traduit en cours. Autre carrefour : les clubs d'étudiants-entrepreneurs, qui organisent des visites de sociétés ou des réunions avec des chefs d'entreprises. "Il faudrait y trouver plus de monde. Ces étudiants-là m'épatent. Ils ont parfaitement compris ce qu'était l'insertion professionnelle !" Car chez beaucoup de jeunes diplômés, il décèle encore de nombreuses lacunes. "Ils ne réalisent pas à quelle somme de travail ils seront confrontés dans l'entreprise, et qu'ils vont devoir se battre."

Vincent Reuter attend aussi de l'Université qu'elle développe le goût d'entreprendre, et souligne l'importance de l'innovation, en lien direct avec la formation et l'enseignement. Il craint ainsi l'assèchement des filières scientifiques. "Les entreprises ont déjà des problèmes pour trouver des scientifiques de qualité et en nombre suffisant, et le besoin va être croissant."

Il plaide enfin pour un apprentissage chez les étudiants d'au moins deux langues en plus, et surtout du néerlandais, indispensable "même dans les PME et TPE". "Un diplôme supérieur sans les langues, ce n'est qu'un demi-diplôme...", avertit-il.

© La Libre Belgique 2007