De mémoire d'investisseur britannique, on n'avait jamais vu ça. Royal Bank of Scotland (RBS) a annoncé vendredi une perte nette part du groupe de 761 millions de livres (970 millions d'euros) au 1er semestre, en données pro forma. C'est sa première perte depuis qu'elle est entrée en Bourse il y a 40 ans.

Cette perte est liée à une dépréciation d'actifs massive de 5,925 milliards de livres, liée à la crise du crédit, compensée par d'autres gains financiers d'un montant de 812 millions de livres, ces opérations ressortant en négatif à hauteur de 5,113 milliards de livres. À titre de comparaison, la même colonne n'avait représenté que 38 millions de livres au 1er semestre 2007. La perte annoncée par la 2e banque britannique est cependant inférieure à ce que craignaient les analystes, qui avaient parié sur plus d'un milliard de livres.

Provisions de 1,7 milliard £

RBS, qui a intégré cette année des actifs de la banque néerlandaise ABN Amro, achetée l'an dernier avec les banques espagnole et belge Santander et Fortis, privilégie dans cette présentation les résultats pro forma, qui rendent mieux compte de cette intégration et soulignent les dépréciations d'actifs. Ils ne portent que sur les actifs d'ABN Amro que RBS conservera réellement et simulent une acquisition d'ABN Amro au 1er janvier 2007. En pro forma, et en comptant ces dépréciations, le produit net bancaire a baissé de 31,2 pc à 11,722 milliards de livres à cause des dépréciations. Le bénéfice d'exploitation est ressorti à 31 millions de livres contre 5,315 milliards l'an dernier, et la perte avant impôt à 691 millions de livres après un bénéfice de 5,115 milliards de livres. Outre les dépréciations d'actifs, RBS a supporté aussi des provisions pour créances douteuses de 1,479 milliard de livres au 1er semestre, une hausse de 58 pc.

En données classiques, le groupe a connu une perte nette part du groupe de 802 millions de livres, après un bénéfice de 3,555 milliards de livres, pour un produit net bancaire en baisse de 6,6 pc à 13,729 milliards de livres. Les provisions pour créances douteuses sont ressorties à 1,661 milliard de livres, en hausse de 91 pc. RBS a dû pratiquer une augmentation de capital géante de 12 milliards de livres il y a deux mois pour soutenir son capital. Le directeur général, Fred Goodwin, a assuré que le groupe était "parfaitement conscient d'avoir eu lourdement recours à ses actionnaires". Côté bonnes nouvelles, le groupe a assuré que le programme d'intégration d'ABN était en avance sur le calendrier. (AFP)