Engage infirmières. Les journaux regorgent de petites annonces de ce genre. Il manquerait 2 904 infirmières en Flandre, 1 048 en Wallonie et 149 à Bruxelles. Un chiffre qui risque d'augmenter à mesure que la population vieillit et que ses besoins en soins de santé croissent. Pourtant, les échos venant des écoles de formation ne sont pas encourageants. En Flandre, le nombre d'étudiants qui s'inscrivent dans la filière «infirmerie» a baissé de 7 pc l'année dernière. Un programme de formation -«la formation des 600 »- avait été mis en place par l'ancien ministre des Affaires sociales, Frank Vandenbroucke (SP.A). Mais aujourd'hui, on ne sait toujours pas si son financement sera pérennisé.

Le problème a été brutalement mis en lumière au mois de mai, lorsque l'intention des hôpitaux publics bruxellois d'engager quelques infirmières roumaines a été dévoilée. Mais existe-t-il réellement? «Avec 10 infirmières diplômées pour 1 000 habitants, nous avons le taux le plus élevé d'Europe», affirment depuis des années les responsables de la Fédération nationale des infirmières de Belgique (FNIB). Le problème, c'est que de nombreuses infirmières quittent la profession à cause de la pénibilité du travail ou de la difficulté de concilier vie de famille et vie professionnelle. Une situation qui laisse perplexes les gestionnaires d'hôpitaux. «On peut peut-être encore améliorer la confection des horaires, reconnaît l'un d'eux. Mais il est impossible de garantir aux infirmières un travail régulier qui commence à 9 heures et se termine à 17 heures, du lundi au vendredi.»

© La Libre Belgique 2006