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Le groupe britannique de produits d'hygiène et de santé Reckitt Benckiser a annoncé jeudi un accord avec les autorités américaines pour régler un contentieux autour d'un traitement contre l'addiction aux opiacés, moyennant un versement de 1,4 milliard de dollars.

L'affaire concerne la société pharmaceutique Indivior, filiale jusqu'en 2014 du groupe Reckitt Benckiser mais aujourd'hui indépendante. Les autorités américaines reprochent à Indivior d'avoir cherché à profiter de la profonde crise des opiacés touchant les Etats-Unis en exagérant notamment l'innocuité de son médicament Suboxone.

Reckitt Benckiser (RB) était concerné en tant que maison mère d'Indivior à l'époque des faits. Mais le groupe britannique de produits sanitaires et d'hygiène explique avoir conclu un accord avec le département américain de la justice (DoJ) et le régulateur américain du commerce (Federal Trade Commission ou FTC).

"Selon les termes de l'accord, RB va payer un total de 1,4 milliard de dollars pour résoudre les enquêtes fédérales sur RB en lien avec l'inculpation d'Indivior, ainsi que les demandes de dommages relatives aux programmes Medicaid pour les États choisissant de participer à l'accord", a précisé RB. 

Le groupe britannique a assuré avoir pourtant "agi légalement" sur la question du Suboxone. Mais son conseil d'administration a estimé que le paiement de cette pénalité était "dans l'intérêt de l'entreprise et de ses actionnaires". Cette entente "évite les coûts, incertitudes et distractions liées à des enquêtes de longue haleine", juge RB.

Reckitt Benckiser souligne toutefois que cet accord était fondé sur le fait qu'il "ne reconnaissait aucune violation de la loi ni faute de la part de RB ou d'un employé du groupe RB".

Inculpé au mois d'avril

Dans cette affaire, le tribunal fédéral d'Abingdon (Virginie) a inculpé Indivior au début du mois d'avril. Selon l'acte d'inculpation, le laboratoire a commencé en 2010 à faussement assurer aux professionnels de la santé que son traitement, contenant l'opiacé buprenorphine, était plus efficace et moins dangereux que des médicaments similaires.

Il est également accusé d'avoir lancé un programme destiné à mettre en relation des patients avec des médecins "connus pour prescrire le Suboxone et/ou d'autres opiacés avec négligence et sans justification clinique".

Indivior ne fait plus partie de RB depuis 2014. La société pharmaceutique est basée à Richmond, en Virginie, et est cotée à la Bourse de Londres. Lors de l'annonce du tribunal fédéral d'Abingdon, Indivior avait indiqué son intention de se "défendre vigoureusement" face à des accusations "non corroborées par les faits ou la loi".