Les Bourses européennes ont clôturé mardi en baisse mais Wall Street rebondissait après sa forte chute de la veille, le président de la Fed, Ben Bernanke, entrevoyant une "perspective raisonnable" de fin de la récession en 2009. A la Bourse de New York vers 16H30 GMT, le Dow Jones gagnait 1,22% et le Nasdaq 1,57%. Londres a cédé 0,89% à la clôture, Paris 0,73% et Francfort 1,03%.

Le recul des places financières européennes a suivi celui de Wall Street lundi soir, où la perspective d'aides massives des Etats aux banques n'avait pas calmé la nervosité des investisseurs: Dow Jones avait terminé à son plus bas niveau depuis près de douze ans en chute de 3,41%.

Le gouvernement américain a détaillé lundi les modalités de recapitalisation des banques par l'Etat, qui ouvrent la porte à une éventuelle nationalisation, puisque le Trésor pourra convertir sa participation en actions communes, avec droit de vote, si le privé ne peut pas répondre aux besoins en capital. Ces modalités seront applicables dès mercredi.

Les rumeurs de nationalisation s'étaient multipliées la semaine dernière à propos de Citigroup et de Bank of America, recapitalisées à hauteur de 45 milliards de dollars chacune ces derniers mois.

Les marchés ont également été plombés par une information de la chaîne de télévision CNBC selon laquelle l'assureur américain AIG, déjà renfloué à hauteur de 150 milliards de dollars par l'Etat, dont il est désormais la propriété à 80%, négocierait avec Washington pour obtenir des fonds supplémentaires.

Malgré ces nouvelles, le président de la Réserve fédérale a affirmé mardi devant le Sénat qu'il entrevoyait la "perspective raisonnable" d'une fin de la récession économique aux Etats-Unis cette année, si les interventions publiques fonctionnent. "Si les mesures prises par l'administration, le Congrès et la Réserve fédérale réussissent à faire revenir une certaine forme de stabilité financière -- et dans ce seul cas, à mon avis --, il y a une perspective raisonnable que la récession s'achève en 2009 et que 2010 soit une année de reprise", a-t-il estimé.

Les Américains attendaient également le premier discours du président Barack Obama devant le Congrès (prévu mercredi à 02H00 GMT) où il devrait expliquer à une Amérique inquiète comment il compte la sortir de la pire crise qu'elle ait connue depuis des décennies.

La confiance des consommateurs américains a en effet touché en février un nouveau plus bas historique, très en dessous des attentes des analystes, selon l'institut de conjoncture privé Conference Board.

Les gouvernements européens ont annoncé mardi de nouvelles mesures de soutien à leur économie. En Suède, le gouvernement s'est déclaré disposé à garantir le prêt de 5 milliards de couronnes suédoises demandé par le constructeur automobile Volvo, propriété de Ford, à la Banque européenne d'investissement (BEI).

Le gouvernement danois a proposé un allègement d'impôts de 26 milliards de couronnes danoises (3,5 milliards d'euros) en 2010 afin de stimuler à court terme l'économie.

En Allemagne, selon la presse, le gouvernement est prêt à accorder un crédit au constructeur automobile en difficultés Opel, filiale de l'américain General Motors (GM).

Par contre, les caisses d'épargne allemandes envisageraient désormais de créer une "bad bank" pour décharger les banques publiques régionales, dont elles sont actionnaires, de leurs actifs à risque, selon le Financial Times Deutschland. Côté indicateurs, le climat des affaires en Allemagne a reculé en février à son plus bas niveau historique, alimentant les craintes d'une longue traversée du désert.

L'Alliance des industriels américains (MAPI) estime pour sa part que la production industrielle aux Etats-Unis devrait chuter de 9% en 2009 et ne remonter que de 3% en 2010. L'immobilier continue de subir les effets de la crise. Ainsi, aux Etats-Unis, les prix des logements ont enregistré une chute record de 18,5% sur un an en décembre, selon l'indice S&P/Case-Shiller.

En France, les mises en chantier de logements ont reculé de 20,2% entre novembre 2008 et janvier 2009, les ventes de logements neufs ont chuté de 37,6% en 2008 par rapport à 2007, tandis que le moral des ménages s'est encore dégradé en février. Seule embellie, les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont rebondi de 1,8% en janvier.