La situation autour de la crise grecque "se dégrade", a affirmé le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, s'interrogeant sur le maintien de la Grèce dans la zone euro en cas de non au référendum de dimanche sur les propositions des créanciers du pays. "La situation se dégrade en raison du comportement du gouvernement grec", a déclaré M. Dijsselbloem, ministre des Finances des Pays-Bas, lors d'un débat devant le parlement néerlandais.

Selon le président de l'Eurogroupe, Athènes suggère auprès de ses citoyens qu'un non au référendum de dimanche permettra de bénéficier d'un paquet de réformes et mesures budgétaires moins dures. "Ce n'est pas vrai", a martelé M. Dijsselbloem. "En cas de non (...), cela deviendra extrêmement difficile pour la Grèce", a-t-il ajouté, affirmant que "les problèmes économiques n'en seront que plus importants et un (nouveau, ndlr) programme d'aide plus difficile à mettre en place".

"Nous sommes prêts à aider la Grèce (...) si la Grèce, ses politiciens et son peuple sont prêts à accepter des mesures désagréables", a soutenu M. Dijsselbloem, selon lequel le pays est confronté à "de très gros problèmes", notamment le fonctionnement du secteur public et du gouvernement. "S'ils ne le veulent pas, il n'existe aucune base pour un nouveau programme d'aide, et la question sera de savoir s'il existe une base pour que la Grèce soit dans la zone euro", a-t-il poursuivi : "C'est la question fondamentale qui est à l'ordre du jour".

Plusieurs responsables européens et certains observateurs affirment qu'un non pourrait entraîner la sortie de la Grèce de la zone euro, un évènement inédit dans l'histoire de l'union monétaire et qui s'apparente à un saut dans l'inconnu pour les institutions.

Le gouvernement grec assure pour sa part qu'il négociera pour rester dans l'euro si le non l'emporte.


Tsipras promet que le pays "sera uni" au lendemain du référendum

"Au lendemain du référendum, nous serons tous unis" pour essayer de surmonter "la difficulté temporaire" que le pays traverse, a indiqué Alexis Tsipras à l'issue d'un entretien avec Panos Kammenos, ministre de la Défense et dirigeant du parti souverainiste des Grecs Indépendants (Anel). Anel participe à la coalition gouvernementale avec la gauche radicale Syriza du Premier ministre depuis les législatives de janvier.

"Il faut "respecter la procédure démocratique et sauvegarder l'unité nationale", a souligné Alexis Tsipras. Alors que le Premier ministre a appelé mercredi les électeurs à voter non, trois députés des treize de l'Anel ont clairement pris position jeudi contre la décision d'organiser un référendum et pour le "oui", sur fond de rumeurs de dissensions au sein de la majorité.

"Je demande au président de la République de convoquer les chefs de parti et d'annuler le référendum, nous n'avons pas pour mandat de fermer les banques et d'opérer des saisies sur les dépôts bancaires", a ainsi indiqué le député ANEL Vassilis Kokkalis, sur la radio ANT1.


"Pas possible de revenir à la drachme car les presses ont été détruites"

La Grèce n'est pas en mesure d'imprimer des drachmes, car "les presses ont été détruites", a souligné jeudi le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis, pour qui la question ne se pose de toute façon pas car "nous voulons désespérément rester dans l'euro". "Nous n'avons pas la capacité" d'imprimer des drachmes, a indiqué M. Varoufakis à la radio publique australienne ABC.

En 2000, a-t-il expliqué, un an avant que la Grèce ne rejoigne la zone euro, "une des mesures que nous avons prises a été de nous débarrasser de toutes nos presses". "L'union monétaire est irréversible", a de nouveau insisté le ministre.


La BCE inquiète des effets de la crise grecque sur la stabilité des marchés

La Banque centrale européenne (BCE) a fait état jeudi d'inquiétudes au sein de son conseil des gouverneurs concernant les possibles effets de la crise grecque sur la stabilité des marchés financiers en zone euro. "Des risques géopolitiques persistants et l'incertitude continue concernant l'issue des négociations" que mène le gouvernement grec avec ses créanciers constituent "des sources d'incertitudes et de volatilité sur les marchés", ont estimé les membres de ce conseil lors de leur dernière réunion de politique monétaire, les 2 et 3 juin, selon un compte-rendu publié jeudi.

En parallèle, les gouverneurs de l'institution monétaire de Francfort ont exprimé leur confiance dans l'efficacité de son action pour soutenir l'économie de la zone euro. Il y a eu "un large consensus" parmi les membres de ce conseil quant au fait que les mesures de politique monétaire très accommodantes mises en œuvre par la banque centrale portaient leurs fruits, révèle ce compte-rendu, qui ne cite jamais nommément les participants.

Les effets de ces mesures "trouvent graduellement leur chemin vers l'économie, contribuant à la reprise, à un redémarrage de l'inflation et à l'amélioration" des conditions de crédit, ont estimé les gouverneurs. Le conseil a toutefois exprimé "l'opinion largement partagée qu'il était trop tôt pour pouvoir parler de succès", est-il ajouté.


Le ministre grec des Affaires étrangères salue la "profonde solidarité" de la Belgique

Le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias a salué jeudi midi la "profonde solidarité" de la Belgique à l'égard de son pays, à l'issue d'une rencontre bilatérale avec son homologue belge Didier Reynders, dont il a loué la sagesse. "A ceux qui aujourd'hui défendent une ligne dure avec Athènes je souhaite deux choses: qu'ils ne se retrouvent jamais dans une position de faiblesse économique et que, si c'était le cas, ils soient traités comme le fait la Belgique", a commenté M. Kotzias, soulignant "la profonde solidarité" dont fait preuve la Belgique par rapport à la Grèce.

Outre les aides financières, la Belgique a mis à la disposition de la Grèce des moyens humains, provenant notamment de l'administration fiscale, pour assister les Grecs dans la modernisation de leur système de douane et de TVA notamment. "Mardi, j'ai fait signer à la Chambre un traité d'échange des données bancaires et financières entre la Belgique et la Grèce", a indiqué à son homologue grec Didier Reynders.