Les rumeurs vont à nouveau bon train à propos de Suez et de sa filiale Electrabel. Un hebdomadaire français «Investir» affirme samedi que le groupe français aurait l'intention de racheter les 49,9pc d'Electrabel qu'il ne détient pas. «Il n'y a pas de divergence de vue au sein du conseil sur l'intérêt de racheter les minoritaires d'Electrabel», a affirmé un administrateur de Suez au journal.

Suez n'a toutefois pas encore déterminé les modalités et le calendrier de l'opération, affirme Investir, ajoutant que rien ne devrait se faire avant le 29 mai, date de référendum en France sur la constitution européenne.

Un porte-parole de Suez a réfuté ces informations, en soulignant que «Suez détient aujourd'hui le contrôle d'Electrabel avec 50,08pc du capital, et cette situation nous convient parfaitement».

Pas à l'ordre du jour

Alors que penser? L'administrateur cité par le journal ne va pas au-delà de ce que disait Albert Frère, vice-président de Suez, dans les colonnes de «La Libre» (26 mars 2005). Ce dernier avait affirmé que la question du rachat d'Electrabel par Suez pouvait se poser, mais qu'elle n'était pas à l'ordre du jour. Selon différentes sources, il semble que Suez n'ait pas l'intention à court terme de se lancer dans une opération même si ce n'est pas l'envie qui lui manque. Le conseil d'administration serait conscient que la seule chance d'être sûr de réussir serait de faire une offre en cash sur Electrabel avec prime à l'appui. Or, même s'il a réduit son endettement, le groupe présidé par Gérard Mestrallet, a une marge de manoeuvre limitée (50pc d'Electrabel représente environ 10 milliards d'euros). Quant à la solution de l'OPE (offre publique d'échange), elle paraît peu envisageable. Quels actionnaires d'Electrabel seraient prêts à changer leurs titres contre des Suez dont les performances ces dernières années sont pour le moins décevantes?

Reste la possibilité de fusionner les deux entités via la société européenne. Mais, il y aurait encore des obstacles à surmonter.

Relancées sans doute par le propos d'Albert Frère, ces rumeurs interviennent dans un contexte agité. Il se dit que le fonds d'investissement anglo-saxon Knight Vinke pourrait profiter de l'assemblée d'Electrabel (prévue le 12 mai) pour refaire parler de lui.

© La Libre Belgique 2005