Le conseil d'administration du constructeur automobile français Renault a entamé vendredi une réunion destinée à remplacer le directeur général du groupe Thierry Bolloré en vue de clore définitivement l'ère Carlos Ghosn, a-t-on appris de source proche de l'entreprise.

Renault avait annoncé jeudi une réunion vendredi matin de son conseil d'administration "afin de se prononcer sur la gouvernance du groupe". 

L'AFP a appris vendredi vers 08H15 que la réunion avait bien démarré peu auparavant au siège du groupe, à Boulogne-Billancourt au sud-ouest de Paris. 

Le départ du directeur général est à l'ordre du jour: "L'enjeu, c'est de discuter de l'avenir de Thierry Bolloré", a précisé jeudi à l'AFP une source proche de l'entreprise. 

Une autre source au fait du dossier a été plus explicite: "Soit il démissionne, soit il est révoqué". La date du départ doit être discutée, mais la recherche d'un remplaçant n'a pas encore été lancée, a indiqué cette source. 

L'actuelle directrice financière de Renault, Clotilde Delbos, est favorite pour assurer l'intérim, a indiqué à l'AFP une autre source proche de Renault vendredi matin. Ce serait pour le constructeur une façon de tourner la page de l'ère Carlos Ghosn, son ancien PDG déchu, qui attend son procès au Japon où il a été mis en examen et assigné à résidence pour de multiples malversations présumées. 

M. Ghosn avait fait de Thierry Bolloré son dauphin. Dans un entretien publié par Les Échos dans son édition de vendredi, M. Bolloré a dénoncé "un coup de force inquiétant". 

De son côté, l'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital, ne s'immiscera pas dans les choix de gouvernance du groupe, avait affirmé mercredi le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, disant "faire confiance" au président du groupe Jean-Dominique Senard.