Le constructeur automobile français Renault a annoncé jeudi qu'il avait déposé plainte à Paris pour "espionnage industriel", "corruption", "abus de confiance", "vol et recel commis en bande organisée" dans l'affaire d'espionnage qui secoue le groupe. Renault soupçonne trois cadres dirigeants du groupe, suspendus depuis le 3 janvier, d'avoir diffusé à l'extérieur des informations sensibles liées à son programme de développement de véhicules électriques.

"Cette plainte fait suite à la découverte d'agissements graves, portant préjudice à l'entreprise, en particulier sur ses actifs stratégiques, technologiques et intellectuels", a indiqué dans un communiqué transmis à l'AFP le groupe, qui avait annoncé la semaine dernière son intention de porter plainte.

La plainte a été déposée auprès du procureur de Paris. "Cette affaire relève maintenant de la justice", souligne le constructeur. "Afin de permettre à la procédure judiciaire de se dérouler dans un climat de sérénité, Renault ne participera d'aucunes surenchères, polémiques, et réservera exclusivement les éléments en sa possession aux services compétents chargés de l'enquête", conclut-il.

L'affaire d'espionnage qui secoue le constructeur automobile français Renault a pris un tour diplomatique mardi, à la suite de soupçons visant la Chine et qui ont irrité Pékin.

La piste d'une fuite vers la Chine de secrets touchant à la voiture électrique, projet phare dans lequel Renault et son allié japonais Nissan ont investi 4 milliards d'euros, est privilégiée par le contre-espionnage français et le groupe, selon la presse et des spécialistes de l'intelligence économique.