Renault reste "ouvert" à un potentiel rapprochement avec Nissan, même si la priorité est désormais donnée à la fusion avec Fiat Chrysler, a déclaré jeudi le président du conseil d'administration du constructeur français. "Une fusion avec Nissan n'est pas à notre agenda pendant que nous menons notre fusion avec FCA", affirme Jean-Dominique Senard dans une déclaration transmise aux médias à l'issue d'un séjour au Japon pour un conseil opérationnel de l'Alliance. Cependant, "si le conseil d'administration de Nissan juge bon d'explorer une relation plus proche au moment de leur choix, nous sommes définitivement ouvert à l'idée", souligne-t-il.

Après avoir été éconduit par Nissan, soucieux de préserver son indépendance, Renault a décidé de s'unir à Fiat Chrysler, un mariage dit "entre égaux": la nouvelle entité serait détenue à 50% par les actionnaires du constructeur italo-américain et à 50% par ceux de Renault et serait cotée à Paris, New York et Milan.

L'annonce a pris de court le groupe japonais qui aborde "avec prudence" le dossier, selon une source proche du dossier.

M. Senard, présent cette semaine à Tokyo avec le directeur général de Renault, Thierry Bolloré, a tenté de rassurer son allié de 20 ans au cours d'une réunion de quelques heures mercredi.

Au début des discussions, "la partie japonaise était naturellement un peu sceptique, mais ensuite elle a montré une attitude positive", a assuré le président de Renault dans un entretien au quotidien économique Nikkei.

M. Senard ajouté qu'il "ne s'opposerait" à la nomination d'aucun des membres du nouveau conseil d'administration de Nissan, lors de l'assemblée générale des actionnaires prévue fin juin. Parmi les 11 candidats, figure l'actuel patron exécutif Hiroto Saikawa, critiqué pour sa gestion de l'affaire Ghosn mais qui veut rester à son poste pour préparer la succession.